La Bière des étoiles

Il y a bien longtemps, alors que le système solaire n’était qu’un large nuage moléculaire, une ou plusieurs supernovas se produisirent dans les alentours proches, provoquant une densification de la matière en plusieurs points de l’espace. Sous l’effet de la gravité, ces molécules s’assemblèrent pour donner le soleil ainsi que les planètes composant son système ; sur l’une d’elle apparut de l’eau sous forme liquide, où la vie se développa, laquelle gagna la terre ferme, engendrant par la suite la race humaine, qui inventa la bière.

Ceci pour expliquer le rapport évident qui existe entre la bière et les étoiles.

Zythologie
Zythologie

Aujourd’hui, à l’instar de l’Homme, la bière a conquis la planète et lève désormais les yeux vers l’espace infini, comme nous l’apprennent quelques articles du site happy beer time.

Microbrasserie et micropesanteur

Les astronautes de la station spatiale internationale n’ont pas accès à des quantités inépuisables d’eau potable, parce que leur lieu de travail fuse constamment dans le vide. Pour y remédier, ils créent et recyclent leur propre eau à grands coups de science. Mais dès lors, toute la question est de savoir ce qu’on fait si quelque bactérie du cosmos vient contaminer les réserves.

Ce n'est pas comme si on pouvait aérer facilement.
Ce n’est pas comme si on pouvait aérer facilement.

La réponse à ce défi du futur, dont dépend peut-être la conquête de l’univers, nous vient tout droit du Moyen âge : on brasse de la bière, bien sûr, comme ça on dégomme les bactéries. Une solution si directe et si simple qu’on pourrait la croire imaginée par un enfant. On aurait raison.

C’est en effet à l’âge de onze ans que Michael Bodzianowski, résident au Colorado, a proposé de brasser de la bière dans l’ISS. Il avait appris dans un livre du type « le saviez-vous ? » les vertus stérilisantes de la bière qui lui valaient d’être parfois préférée à l’eau durant le Moyen âge et proposa qu’on fasse la même chose dans l’espace. Et contrairement à ce qui se passait lorsque vous ou moi émettions une idée à onze ans, tout le monde cria au génie.

Par contre, le fait qu'il ait un nom à consonance polonaise n'arrange rien aux stéréotypes.
Par contre, le fait qu’il ait un nom à consonance polonaise n’arrangera rien aux stéréotypes.

C’est ainsi qu’il fut décidé de bricoler une microbrasserie là-haut ; dans le cadre d’une campagne visant à faire participer les jeunes à la recherche, près de 4’000 étudiants américains envoyèrent un total de 744 propositions, dont 11 furent retenues. On octroya même un petit laboratoire à Michael Bodzianowski pour qu’il puisse prendre part au projet.

L’idée est de procéder à la même préparation sur Terre et dans la station, afin de pouvoir comparer les résultats et de pouvoir, enfin, connaître les effets de la micropesanteur sur la fermentation. Par contre, si l’idée date de fin 2013, il faudra attendre encore plusieurs années avant que la brasserie soit prête à l’emploi.

Résultats de la recherche : les effets de l'alcool sont décuplés dans l'espace. Coûts de la recherche : une station spatiale internationale.
Résultats de la recherche : les effets de l’alcool sont décuplés dans l’espace. Coûts de la recherche : une station spatiale internationale.

Une petite pinte pour l’Homme

Tout bon docteur vous dira que la roche lunaire pourrait être bénéfique pour la santé, avant de préciser que cela reste quand même très peu probable. Qu’à cela ne tienne, la brasserie américaine Dogfish Head vous propose la Celest Jewel Ale, confectionnée avec de la poussière de Lune.

Ceci parce que le sol lunaire est très riche en sels et en minéraux, ce qui favorise la fermentation, et aussi, voire surtout, parce qu’ils peuvent : Dogfish Head est partenaire avec l’entreprise ILC Rover, qui élabore des combinaisons pour la NASA. À ce titre, ils ont pu se procurer un peu de ce – je cite – unique et extrêmement rare ingrédient.

Vraiment pas si rare que ça, une fois sur place.
Vraiment pas si rare que ça, une fois sur place.

Il faut une matière littéralement d’un autre monde pour que l’argument « brassé avec de la poussière » ait un impact positif sur le produit. Dans tous les cas, on nous promet une boisson « au goût de terre unique et complexe » qui rappelle un peu les bières allemandes, donc pas si unique, mais c’est une façon fair-play de souligner que la conquête de la Lune n’aurait jamais eu lieu sans les Allemands. Pour s’en faire une idée plus précise, il faudra se rendre dans le Delaware, où se trouve le seul pub où la Celest Jewel Ale est servie.

Dans son bout de tissu d'astronaute, comme ça elle se réchauffe plus vite.
Dans son bout de tissu d’astronaute, comme ça elle se réchauffe plus vite.

Les amoureux de l’espace vous diront sans doutes qu’ils préféreraient se rendre sur la Lune pour y déguster une bière brassée avec de la poussière du Delaware, mais on fait avec les moyens du bord. En outre, Dogfish Head est une brasserie de bonne réputation, donc vous ne perdez sans doute rien à essayer si vous êtes de passage. Enfin, vous ne serez pas surpris d’apprendre que la Celest Jewel Ale est une édition limitée, qui date, elle aussi, de 2013 (c’était une année bizarre pour la bière). Donc si vous êtes intéressé, vous allez devoir expérimenter votre propre course à la Lune.

L’orge qui venait de l’espace

En 2006, dans le cadre d’un test initié conjointement par l’université d’Okayama et l’Institut des Problèmes Médicaux et Biologiques de Moscou, de l’orge fut envoyé dans l’ISS, où on le cultiva durant 5 mois avant d’en ramener les graines sur Terre. Là, elles furent semées dans le centre de recherche de la brasserie Japonaise Sapporo et vous savez maintenant comment est né l’orge de l’espace.

Donc « orge de l'espace » au même titre que les enfants de Neil Armstrong sont des hommes de la Lune.
Donc « orge de l’espace » au même titre que les enfants de Neil Armstrong sont des hommes de la Lune.

Bien que le résultat des récoltes soit essentiellement destiné à la recherche, on en consacre une partie à l’élaboration de la Space Barley, que vous pouvez vous offrir pour 75 Euros les 6 bouteilles de 33cl, à condition d’être un Japonais résidant dans le pays, de vous inscrire à un tirage au sort et d’être sélectionné. Bon joueur, Sapporo nous prévient qu’il ne faut pas s’attendre à une différence de goût majeure entre une Space Barly et une Good Old Earth Barley.

« ça a un goût d'espace ! »
« ça a un goût d’espace ! »

À noter que les recettes seront investies dans la recherche spatiale et l’éducation en Russie et au Japon. Donc pendant que vous buvez pour oublier, l’humanité apprend. Win win.

Drum and brasse

Vous ai-je dit que je me suis rendu au Rock ô Jorat Festival ce week-end ?

Et que je suis un piètre photographe ?
Et que je suis un piètre photographe ?

À l’occasion de ses dix ans, la Brasserie du Jorat décida de marquer cette journée d’une pierre blanche (pourquoi ai-je cette impression d’avoir raté une opportunité de jeu de mots ?) par le biais d’un événement réunissant deux éléments que l’on associe trop rarement à un dixième anniversaire : la bière et le rock. Spoiler alert, c’était super.

Peut-être était-ce d’ailleurs une de ces manifestations déjà réussies avant même d’avoir commencé : un week-end complet de festivités, une quinzaine de concerts, des animations pour petits et grands, des food trucks, une visite de la brasserie et de la bonne bière, on avait toutes les raisons de vouloir y faire un crochet.

Je m’y suis rendu pour ma part samedi soir, en profitant des navettes assurant gratuitement l’aller-retour aux piétons comme moi ou aux automobilistes responsables comme vous ; une fois sur place, j’ai assisté au très bon concert d’Émilie Zoé, vu plein de sourires et de bonne humeur, découvert d’excellentes bières et ramené un chouette souvenir.

Nombre de grands artistes étaient présents, parmi lesquels Joe Brassin, Froment Pagny, The Black Eyed Pils, Jacques Dutrinque, Pint, Draft Punk, Bal-Avoine, Damien Saeigle, Soaf, Nana Mousse-Kouri, Ad’Ale, Ace of Brasse et Boire Désir.

Il fallait voir le public reprendre en cœur « quand je pense à fermente » !
Il fallait voir le public reprendre en cœur « quand je pense à fermente » !

Blagues à part, je n’ai aucune idée des chiffres ou de la fréquentation, mais entre le cadre plaisant, la bonne cuvée, la belle musique, l’organisation solide (merci pour les navettes !) et la super ambiance, ce que je retire de cette soirée m’incite à penser que la Brasserie du Jorat devrait fêter ses dix ans plus souvent.

Festival cherche sponsors

Un nouveau festival est en préparation. Il s’appelle FestYmalt et aura lieu à l’Amalgame d’Yverdon le 10 septembre de 11 heures à 22 heures. Huit brasseries vaudoises et une belge sont invitées : Les Trois Dames, La Nébuleuse, La Brasserie du Temps, Les Fleurs du Malt,la brasserie des Mines, la Concorde, la Brasse Mortier, la brasserie du Jorat et Gulden Draak Le festival sera ponctué d’intermèdes musicaux proposés par les Ateliers Jazz, Funk et Blues du Conservatoire de Musique du Nord Vaudois.

La Brasserie des Mines brassera sur place, ce qui permettra aux visiteurs de se familiariser un peu avec cet art.

festymaltC’est organisé par la guilde des Décapsuleurs, un club d’amateurs de bières créé par Mark Borden, le patron de La Cave à Bières, dont je vous avais déjà parlé.

On reviendra probablement sur ce festival en septembre. Mais d’ici là, il cherche des sponsors, ce que vous aviez probablement deviné car c’est le titre de ce billet et que vous êtes malins. Si vous êtes intéressés, vous pouvez vous adresser à laguildedesdecapsuleurs(AT)gmail(POINT)com

Un festival de festivals

C’est la presse qui le dit : en ce moment, je n’ai plus le temps.
Mais le mois de juin arrive, les bras chargés d’événements houblonnés.

Le week-end prochain, il ne faudra pas manquer le Lausanne Beer Celebration.13268405_784833004952562_1030887262519731641_o

 

L’association Echec et Malt et le PiBar organisent un festival, un peu comme l’année passée mais en encore mieux. Cette fois, c’est dans le cadre de Lausanne à Table et ça se passe à la cantine de Sauvabelin, idéal pour laisser les enfants courir dans les bois pendant que tu dégustes tes bières. Par exemple. Il y aura dix brasseurs suisses et quatre étrangers, que du très bon. Forcément, l’association Echec et Malt et le PiBar, c’est toujours un peu Rabei Allouch et il connaît plutôt bien son sujet.

Source : www.lausanne.ch
La cantine de Sauvabelin, sans bière. Source : www.lausanne.ch

Il y aura aussi un concours ouvert aux brasseurs amateurs, avec dans le jury, Rabei, Laurent Mousson, Philippe Bov Corbat, Alessandra Roversi, Raphael Mettler – s’ils te disent que ta bière est bonne, c’est qu’elle est bonne. Et s’ils te disent pourquoi elle ne l’est pas, tu peux aussi leur faire confiance, c’est donc une très belle occasion pour des « hobbybrewers » de s’améliorer.
Il y aura aussi à manger, bien sûr.
Et pour financer le festival, quatre brasseurs (Mont-Salève, Trois-Dames, 523 et Echec&Malt)(excusez du peu) ont créé une bière collaborative, déjà disponible dans plusieurs bars: Les Artisans, la Grenette et bien sûr le PiBar à Lausanne, le Pooc à Bienne, The International à Zurich.

 

L’event Facebook

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Le week-end prochain, il ne faudra pas manquer le Rock o Jorat, le festival organisé pour les dix ans de la brasserie du Jorat. Raoul Gendroz, le fondateur de cette brasserie, a toujours apprécié de faire venir des groupes pour les journées portes-ouvertes, il voulait donc de la musique pour cet événement, « la machine s’est un peu emballée » et c’est devenu un festival, avec une très belle affiche, Kassette, John Dear, par exemple.
Mais il y aura aussi plein d’autres choses, démonstrations de brassage, atelier de bricolage, brunch et food trucks. Et c’est à Vulliens, avec plein de magnifiques itinéraires de randonnées. Mais vous pouvez aussi y aller avec la navette spéciale qui part depuis le métro Croisettes à Lausanne. Et il y aura une cuvée spéciale dix ans à découvrir.

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« Nous sommes fiers de montrer que nous avons dix ans », m’a expliqué Nicolas, le chargé de comm (entre autres) de la brasserie. « Cela fait dix ans que Raoul fait de l’éducation, en expliquant aux gens ce qu’est de la bière artisanale ».

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La brasserie du Jorat s’est d’abord fait connaître dans sa région, elle a supplanté la Boxer et des choses bien pires que ça dans quelques buvettes du foot et autres girons de la jeunesse mais commence à sortir un peu de sa région, en participant notamment à des manifestations comme le Food Truck festival, où quatre brasseurs vaudois s’étaient associés pour tenir un bien chouette bar.
Son credo : des bières simples mais bien faites, « parce que nous pensons que c’est plus difficile de réussir une bière simple qu’une triple IPA aux cacahuètes ».

(Et ce sera l’occasion de prouver qu’on sait faire la fête dans la région, pour ceux d’entre vous qui imagineraient le Jorat mormon)(désolé)

L’event Facebook

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Et sinon, le week-end prochain, c’est un premier samedi du mois : Burgers and Beers à La Nébuleuse, portes-ouvertes aux 3 Dames.

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Et après ça, on se repose ? Mais non, penses-tu. Le 11 juin, il y a le Festipiousse, deuxième du nom, qui aura la lourde tâche de faire mieux que le premier. Le 18, il y a les 15 ans de la brasserie Docteur Gabs. Et le 19 juin, il y a le Biergarten de Granges-Marnand. Sans oublier le barbecue du Brew Club à Vidy : des brasseurs plus ou moins amateurs se sont retrouvés un après-midi pour faire la base d’une bière, ils ont tous ajouté leur petit grain de sel (enfin, plutôt de houblon, j’imagine) et là, ils se feront goûter le résultat, et tout le monde y est le bienvenu s’il apporte à manger et, surtout, des bières.
On vous en reparlera ici. Peut-être. Parce que en ce moment, je n’ai plus le temps. C’est la presse qui le dit.

La bière au Moyen Âge

On l’a vu, la bière a été l’une des pierres angulaires des civilisations antiques, avec la poterie, l’écriture et les rois qui se prennent pour des dieux. Avec le temps toutefois, sa popularité s’éroda quelque peu, notamment en Grèce et à Rome, où les hautes sphères de la société lui préféraient la noblesse d’un vin dans lequel on sautait pourtant à pieds nus.

Brutes.
Brutes.

Si les méthodes de brassage n’évoluèrent plus tant que ça durant l’antiquité tardive, la recette n’en continua pas moins de voyager, jusqu’à gagner les derniers bleds du monde connu qui n’en avaient pas encore fait la découverte ; la consommation comme la confection de bière demeura toutefois l’apanage des petites gens, le vin gardant la préférence des plus fortunés et de l’Église. Cette dernière percevait d’ailleurs la bière comme un liquide du Diable, contrairement au vin, qui était le sang du Christ. Allez argumenter contre ça…

C’est pourtant aux moines que l’on devra le retour au premier plan du liquide du Diable, lorsque les monastères s’entichèrent de la confection de bière, moins onéreuse à produire que le vin. Dès le septième siècle, il était devenu courant pour les moines de brasser un ou plusieurs types de bière, que ce soit pour leur consommation personnelle, pour offrir aux pèlerins ou pour soigner les malades.

Et puis, avec le temps, on reprit conscience des vertus de la bière ; à une époque où l’eau favorisait les épidémies, on ne pouvait que percevoir comme une bénédiction le fait que se mettre une mine équivalait à se prémunir contre les maladies. La consommation de bière sauva bien des vies et l’Église, avec qui c’était tout ou rien, déclara que ce breuvage était un bienfait de Dieu, l’action de la levure pouvant être perçue comme un miracle.

Ils avaient bien d'autres théories, mais celle du miracle avait la préférence du moment, en ce qu'elle était la seule qui ne vous envoyait pas au bûcher.
Ils avaient bien d’autres théories, mais celle du miracle avait la préférence du moment, en ce qu’elle était la seule qui ne vous envoyait pas au bûcher.

Bien entendu, Moyen Âge oblige, les brasseurs se débrouillaient avec ce qu’ils avaient sous la main, ce qui pouvait considérablement varier d’une région à une autre ; en résulta donc nombre de méthodes de brassages et de recettes différentes, qui se perfectionnèrent au fil du temps. Et bien qu’à terme on se mit d’accord un peu partout pour reconnaître que le houblon paraissait plus ou moins indispensable, beaucoup de ces méthodes survécurent jusqu’à nos jours, et leurs résultats garnissent encore nos comptoirs.

C’est du reste à force de tâtonner qu’on développa en Bavière une nouvelle méthode de fermentation, qui offrait l’avantage de mieux supporter la chaleur et dont le résultat se conservait plus longtemps. La fermentation basse était née, amenant toute une gamme de perspectives nouvelles, dont découlerait notamment la Pils. La chose fut perçue comme une révolution.

Révolution.
Révolution.

Et c’est ainsi que grâce aux bons soins des moines, la bière passa d’un mets très nutritif semi-liquide dont même les Romains ne voulaient pas à ce que l’on connaît aujourd’hui. Et comme par hasard, quelques siècles plus tard, on entrait dans la Renaissance.

Sources (lol) : http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/232-histoire-generale/3608-histoire-de-la-biere-2-le-moyen-age.html

La bière se met à table

Lausanne à table a dévoilé ce jeudi matin sa programmation 2016.   Cette manifestation est née suite au succès de Lausanne ville du goût et en est à sa cinquième édition. Son idée est de mettre en avant les produits régionaux. Elle n’est pas organisée par la ville de Lausanne, mais par un comité indépendant et beaucoup, beaucoup de bénévoles.

Il y aura, forcément, quelques événements en lien avec la bière cette année.

Tous les premiers samedis du mois, à midi, des dégustations « Burgers&Beers« , mitonnées par le ZooBurger et la brasserie La Nébuleuse. 4 mini-burgers associés à 4 bières pour découvrir les accords mets bières. Ca se passe à Renens, dans les locaux de La Nébuleuse.

Les 3 et 4 juin, la Lausanne Beer Celebration, organisée par l’association Echec et Malt et le PiBar. Avec dix brasseurs suisses et quatre étrangers, tous sélectionnés pour l’originalité de leurs produits.

Et enfin… je n’ai pas encore le droit de le dire. Mais dans le cadre d’un des événements en train de devenir incontournables de Lausanne à table, plusieurs brasseurs (eux aussi en train de devenir incontournables) lausannois et vaudois participeront, sous une forme que je me réjouis vraiment de vous annoncer.

 

Bière d’honneur vaudoise

Le canton de Vaud aura désormais sa bière d’honneur, comme il a son vin. Un postulat du député Vert Martial de Montmollin, « Faisons mousser la bière« , a en effet été accepté par le Grand Conseil cette semaine. Je lui ai demandé pourquoi.

C’est lui (source: twitter)

Pourquoi ce postulat ?

 J’ai déposé ce postulat pour soutenir la production de bière locale de qualité. Il y a environ 50 brasseurs sur le canton. Pour la plupart, ce sont des brasseurs artisanaux dont le travail mérite d’être mis en avant par une telle distinction.
 

Comment a réagi le parlement ? Tu t’attendais à ce que ce soit accepté ?

Le Grand conseil a été amusé. Certains collègues ont pris la parole pour me soutenir, d’autres pour combattre l’idée. Je ne savais pas vraiment quel serait le résultat, mais j’avais bon espoir.

2header_grand_conseilLe Grand Conseil (source: vd.ch)

 

Quels ont été leurs arguments ?

Les arguments pour:

– soutien à la production locale

– nouveaux débouchés pour l’agriculture

Les arguments contre:

– Pourquoi une distinction pour la bière et pas pour le saucisson ou la gentiane

– Ce débat décrédibilise le Grand conseil

Contrairement au vin, la bière n’a pas de tradition dans le canton, donc n’est ce pas prématuré ?

La bière a une grande tradition de consommation dans le canton. Il suffit de fréquenter n’importe quel giron pour s’en convaincre. Mais en ce qui concerne la production, il y a aussi une tradition brassicole vaudoise. Le dictionnaire historique suisse, par exemple, mentionne l’ouverture d’une brasserie en 1717 à Morges. Mais il y en a eu probablement bien d’autres. Cette tradition s’est perdue avec la concentration de la production qui nous a amenés a n’avoir plus qu’une trentaine de brasseurs au niveau suisse dans les années 70. Pendant longtemps, la bière Boxer (brasserie fondée en 1960) fut quasi la seule du canton, mais depuis une à deux décennies de nombreuses brasseries artisanales font revivre cette tradition oubliée.

1010Jeunes gens occupés à faire revivre les traditions (source: jeunessedetoy.ch)

Quand aura lieu le choix et comment ?

L’idée est que le Conseil d’Etat désigne une « bière d’honneur du Conseil d’Etat » au même moment qu’il désigne « le vin d’honneur du Conseil d’Etat » et le « fromage d’excellence », ce qui se fait généralement entre fin novembre et début décembre


Quels seront les critères ?

La balle est maintenant dans le camp du Conseil d’Etat qui devra élaborer le processus de désignation


Peu de bières locales sont brassées avec des matières premières locales (pour le moment). Est-ce qu’on peut vraiment parler de produit régional ?

A l’heure actuelle, l’orge et le houblon sont malheureusement importés. Toutefois, une production d’orge s’est développée à Genève et des essais sont en cours à Bavois. Les consommateurs de bières artisanales veulent le plus souvent un produit local de qualité. Il y a donc clairement un marché pour notre agriculture dans la production d’orge et de houblon locaux. Ce développement va tout à fait dans le sens de la diversification de l’agriculture et de l’orientation vers des produits de qualité et de circuits cours que prônent les Verts.

Modération à l’anglaise

La modération, c’est cette forme de responsabilité qui vous enjoint à décliner cette cinquième canette de 8.8 avant de prendre le volant pour rentrer ; à l’ère de la consommation, nous sommes constamment cernés par de vastes choix de saveurs et savoir dire « non merci » est une part importante de la vie de trogne.

Cependant, le choix ne nous est pas toujours offert. C’est notamment ce qu’ont appris à la dure les citoyens de Londres le jour où une vague de bière haute de trois mètres les emporta.

Ou est votre flegme maintenant, habitants de Londres ?
Ou est votre flegme maintenant, habitants de Londres ?

La Meux Brewery Co, située dans un quartier pauvre de la capitale, brassait d’importantes quantité de porter dans des cuves qui commençaient à accuser le poids des ans ; durant cette tragique journée du 16 octobre 1814, d’assourdissantes déflagrations se font entendre dans les environs alors que les cerceaux de fer entourant l’une des cuves éclatent les uns après les autres, jusqu’à ce que le contenant cède, libérant son précieux nectar qui y fermentait sans rien demander à personne depuis dix mois.

Un effet domino plus tard, c’est une masse de près d’un million et demi de litres de bière qui passe à travers le mur et s’en va offrir avec insistance la tournée générale aux paisibles agglomérations des alentours. Deux maisons sont littéralement emportées tandis que la vague inonde le quartier, où des familles entières s’entassaient dans de petites pièces ou même des caves. Un pub proche est également dévasté, probablement à l’instant où le tôlier annonçait qu’on ne servait plus.

Alors qu’on serait tenté de croire que ceci est probablement la catastrophe la plus sympa qui puisse nous frapper, il y eut tout de même neuf victimes à déplorer, parmi lesquelles des brasseurs, un enfant de trois ans, la jeune serveuse du pub cité plus haut, ainsi qu’une mère et sa fille qui prenaient le thé dans une pièce des environs.

Mais ce dernier cas était probablement un acte délibéré de la vague.
Mais ce dernier cas était probablement un acte délibéré de la vague.

Aux habitants se précipitant sur les lieux pour porter secours aux blessés s’ajoutèrent ceux qui s’y rendirent avec des récipients pour retirer leur part. Des bagarres éclatent, des blessés sont acheminés à l’hôpital. Leur odeur d’alcool est si forte qu’une fois sur place, d’autres patients croient qu’on y improvise une petite fête à laquelle ils ne sont pas invités et se mettent en rogne. Des échauffourées éclatent, le temps qu’on clarifie la situation.

Le quartier mit plusieurs jours à évacuer l’alcool qui s’était infiltré dans chaque trou et l’odeur de la bière y régna durant des semaines ; de leur côté, les propriétaires de la brasserie furent innocentés par la justice, qui définit l’accident comme étant « un acte de Dieu ».

« C'est un marrant, Dieu. »
« C’est un marrant, Dieu. »

La Meux Brewery fut néanmoins durement frappée par la perte engendrée par la catastrophe, mais toucha une compensation de l’état qui la remit à flot. Comme ça, ça nous fait une happy end.

La brasserie du Chauve déménage

(Je me suis dit que tous les jeux de mots en chauve avaient déjà été faits, du coup, un titre efficace plutôt qu’un truc tiré par les cheveux, c’est bien aussi, non ?)

Le Chauve déménage. La brasserie fondée en 2010 par Jann Poffet quitte le centre-ville de Fribourg pour le Marly innovation Center où elle disposera de locaux neufs, 200 mètres carré qui permettront à l’équipe de brasser 4000 litres par semaine. « Ca nous permettra de ne plus mourir de chaud durant le brassage. Ne plus déplacer sur 150m des
palettes de bouteilles. Plus de facilité dans la logistique », résume Jann. Le local du chemin des Roches restera comme magasin et showroom. Cela permettra aussi à cette brasserie qui propose, à côté de son assortiment de base, quelques produits très originaux comme sa Savante à la pomme de terre, et fait des séries spéciales aussi bien pour l’Evêché de Fribourg que pour des punks échevelés, de sortir prochainement quelques nouvelles nouveautés.

J’en ai profité pour poser quelques questions au Chauve au lieu de le laisser tranquillement préparer le déménagement et la soirée d’inauguration de la nouvelle brasserie vendredi.

Photo volée sur le Facebook de la brasserie
Photo volée sur le Facebook de la brasserie

Au fait, à Fribourg, où la nostalgie de Cardinal est encore importante,
est-ce que c’est plus difficile de faire de la bière artisanale ?
C’est pas moins ou plus difficile, c’est différent. La grande difficulté
c’est les moyen financiers pour suivre la production, mais c’est un problème
pour toute entreprise

Et est-ce que tu constates un « Röstigraben » ?
Oui y a une différence de culture et ça se sent dans la nourriture et les
boissons.

La brasserie du Chauve est souvent présente à des festivals et autres
événements, est-ce que pour toi, rencontrer tes clients est important ?
Bien entendu c’est de la mise en avant et on se rapproche de nos clients

Le boom actuel des brasseries artisanales, ça te réjouit ? Ou c’est juste un
effet de mode ?
Bien entendu c’est des nouvelles bières qui arrivent, des nouveaux gouts et
un départ de culture. Et je ne pense pas que c’est une mode mais un ras le
bol des produit standardisés!

La bière, c’est le futur

Étant donné qu’on confectionnait et consommait déjà de la bière avant même de se sédentariser, vous ne serez sans doute guère surpris d’apprendre qu’on lui doit également nombre d’avancées technologiques. Et lorsqu’on en met quelques-unes côte à côte, on se dit que sans le houblon, l’humanité frapperait toujours rageusement des morceaux de silex au lieu de propager la science et le progrès à l’Oktoberfest.

La réfrigération

Alors que le brassage de la bière génère de la chaleur et que celle-ci peut être néfaste au produit, il a longtemps fallu acheminer continuellement de la glace dans les celliers des brasseries importantes pour y maintenir un niveau de fraîcheur acceptable.

Bonhomme de neige était alors un métier respecté.
Bonhomme de neige était alors un métier respecté.

On ne peut qu’imaginer les problèmes sans fin qui se posent à qui doit systématiquement empiler des blocs de glace dans sa propre cave, et il aura fallu attendre l’an 1873 (ou 76 selon les sources, mais on s’en fout hein ?) pour que l’ingénieur allemand Carl von Linde développe le premier réfrigérateur pour la brasserie bavaroise Spaten.

Pour être honnête, d’autres avant lui avaient déjà développé des machines frigorifiques, mais l’appareil de von Linde était le premier réfrigérateur domestique tel que nous le connaissons. Bientôt, chaque brasserie était équipée de son propre système de réfrigération, puis nos maisons.

Outre les bénéfices évidents retirés de cette invention, on lui doit sans doute le maintien du prix de la bière à un niveau raisonnable, parce qu’au vu du climat actuel, un bloc de glace vaudrait à peu près son poids en émeraudes.

Les bouteilles en verre

Si la bouteille de verre existe depuis un certain temps, sa confection était laborieuse jusqu’à l’aube du vingtième siècle. Il fallait chasser la silice sauvage dans la steppe, puis patiemment assembler les débris et leur donner la forme voulue au marteau à bomber le verre.

En 1903 toutefois, Michael Joseph Owens révolutionna la pratique en automatisant la construction de bouteilles en verre ; il développa ce que l’on appellera (à tort) le botellotron 5000, qui était capable de confectionner 12 bouteilles par minute. En 1912, le chiffre montait à 50, puis carrément à 240 après encore quelques années.

Le tout avec finesse et élégance.
Le tout avec finesse et élégance.

Initialement utilisée pour fabriquer des récipients pour la bière, l’ale, la porter ainsi que divers sodas pour se donner bonne conscience, la machine fut bientôt employée aux quatre coins du globe et servait à confectionner des bouteilles de lait, de ketchup, de vin et de tout ce que vous voulez.

Le dioxyde de carbone

On sait que le dix-huitième siècle connut nombre de grands hommes de lettres et de science, et l’un d’entre eux mérite tout particulièrement qu’on lui lève notre verre, pour de nombreuses bonnes raisons. Le britannique Joseph Priestley était tout à la fois : pasteur, théologien, enseignant, scientifique, pédagogue, philosophe et contestataire politique, il publia plus de cent ouvrages, échangeait avec plaisir ses idées et découvertes, admettait ses erreurs dont il riait volontiers, cherchait à réconcilier science et religion et n’hésitait pas à critiquer son propre gouvernement, allant jusqu’à applaudir la révolution française, lui valant à terme de gagner les USA après l’incendie criminel de sa maison et de son église en 1791.

Pour en revenir au sujet qui nous intéresse, c’est parce que Joseph Priestley vivait en face d’une brasserie dont il observait les émanations dues à la fermentation qu’il prit conscience que l’air semblait être constitué de plusieurs éléments, dont un en particulier paraissait suspicieusement plus lourd que d’autres ; il venait de découvrir le dioxyde de carbone et, bien qu’il ne réalisa jamais pleinement l’importance de sa découverte, il parvint à l’isoler et, de facto, créa l’eau gazeuse que vous dégustez en ce moment.

Je pars du principe que vous lisez ce blog en buvant une eau minérale mais, soyons honnêtes, dans le fond je n'y crois pas une seconde.
Je pars du principe que vous lisez ce blog en buvant une eau minérale mais, soyons honnêtes, dans le fond je n’y crois pas une seconde.

À terme, les recherches de Priestley aboutirent à la découverte de huit types de gaz, dont l’oxygène, le gaz hilarant et le gaz carbonique. Ce qui est un beau pas en avant pour quelque chose qu’on avait désigné sous la dénomination fourre-tout de « air » pendant des siècles.