En marche (vers ta bière)

Jadis, je vous avais parlé de « Randos bière en Suisse romande », un guide de randonnées avec des bières au bout.

Un deuxième tome est sorti. Et cette fois-ci, je l’ai reçu, lu et même photographié, non sans un certain sens de la mise en scène :

Cette fois, je vais donc pouvoir parler du bouquin en l’ayant lu et première constatation : ce n’est pas un bouquin mais trente fiches, plus pratiques à emporter dans un gros sac de rando. Par rapport à la première édition, il y a eu un gros effort géographique puisque la plupart sont situées en Suisse romande, où toutes les régions sont bien représentées, quelques-unes en « Suisse allemande voisine » et une au Tessin. Les parcours proposés vont de la rando alpine à la promenade familiale. A chaque fois, la bière que l’on peut trouver au bout est décrite, ainsi que les endroits où la trouver.

Comme je n’ai pas encore testé les balades, je ne sais pas si on se retrouve irrémédiablement perdu après le deuxième virage, ce qui est une des joies classiques de la randonnée, ni si les temps de balade sont réalistes (mais une rapide estimation me fait dire que plutôt oui). Certaines descriptions restent tout de même assez succinctes.

J’avoue que la première version m’avait un peu laissé sur ma soif. Elle avait ce petit arrière goût acide d’une excellente idée pas super bien réalisée. Bonne nouvelle, il y a eu des améliorations. Je me rends bien compte qu’il est assez compliqué de réaliser un tel guide en prenant en compte les horaires d’ouverture des brasseries, les préférences de quelques beer geek grognons et le risque que ladite brasserie ferme ses portes entre la rédaction et l’impression. Tout de même, trop de ces randonnées finissent au pub du coin, voire dans l’épicerie du village qui vend aussi des bières. Et je reste un peu dubitatif quant au choix des brasseries, même si cette fois, toutes les principales sont là. J’ai l’impression que cette sélection garde une grosse part d’aléatoire. Dans le canton du Valais, par exemple, où il y a énormément de randonnées à faire et, ces dernières années, plusieurs brasseurs très imaginatifs, on aurait pu faire mieux.

Tl;dr : le premier tome m’avait semblé un peu ni fait ni à faire. Le second est clairement plus abouti, mais sans aller jusqu’au fond de l’idée.

Pas de brevets sur la bière

En 2016, l’Office européen des brevets a accordé plusieurs brevets pour des cultures d’orge à Heineken et Carlsberg. Dans plusieurs pays d’Europe, des organisations ont réagi. Elles voient dans ces brevets la possibilité pour les grands groupes d’augmenter leur mainmise sur le marché, aux dépens des agriculteurs, des autres brasseurs et des consommateurs. De plus, elles estiment que l’OEB exploite des zones grises de la loi pour contourner les interdictions existantes. Ces organisations ont réussi à ce que la demande soit réexaminée, ce qui devrait être le cas en juin.

En Suisse, c’est Swissaid, Pro Specie Rara et Public Eye qui mènent la fronde. Ils adressent une lettre ouverte à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, « demandant que la Suisse s’engage auprès du Conseil d’administration de l’OEB en faveur d’un changement de pratique dans la délivrance des brevets ». Une lettre que vous pouvez signer ici si ce sujet vous interpelle.

La bière devient-elle snob ?

Ces dernières années, la confection comme la consommation de bière a bien changé dans nos sociétés. Si on la considéra pendant des éons comme étant une boisson facile à produire et bon marché, on doit bien admettre que « bon marché » n’est plus la première chose qui nous vient à l’esprit lorsque l’on consulte la carte d’un bar spécialisé.

Certes, aussi loin que je me souvienne, on a toujours eu accès à des bières plus particulières et onéreuses que le choix standard du magasin du coin, mais c’était un marché de niche ; l’écrasante majorité du temps, la bière restait le machin quelconque et pas cher dans la droite ligne des chopes à un sou qu’on boit dans Germinal. C’était la boisson du peuple, ou de l’ouvrier. Ou du rustre. Du pauvre, quoi.

Les sous-cultures à la mode n'ont pas aidé.
Les sous-cultures à la mode n’ont pas aidé.

Mais aujourd’hui, dans biens des endroits, le néophyte qui demande une bière se voit confronté au Sphinx ; il croyait pourtant s’en tirer haut la main en précisant « une blonde », mais ça ne suffit plus. On lui sort une interminable liste de noms qu’il n’a jamais entendus, finit par demander au bol une « Carmélide », qu’on lui décrit comme une « bière belge douce-amère à triple fermentation, dotée d’une robe dorée, d’arômes d’agrumes et d’une saveur de céréales et de houblon, avec un petit retour fruité ». Il répond « ok », et quand il la goûte, il tire la même tête que si on lui avait rempli son verre avec du Calva.

Ce qui ne veut pas dire que ça ne sera pas une bonne surprise ; il s’attendait à un produit issu de quelque grand distributeur possédant des brasseries qu’il n’a de toutes façons jamais su différencier les unes des autres, et voilà qu’on lui sert quelque chose qui a du caractère. Il sera même capable de dire s’il aime ou pas. Et dans tous les cas, il va découvrir une forme de culture qu’il ignorait et aura de quoi se demander par où commencer. Et, tant qu’à faire, s’il n’aurait pas mis le pied dans une sorte de nouvelle tendance bobo.

« Moi j'importe la mienne d'un petit producteur du Gévaudan qui fait pousser les céréales dans son jardin et fabrique lui-même son engrais. »
« Moi j’importe la mienne d’un petit producteur du Gévaudan qui fait pousser les céréales dans son jardin et fabrique lui-même son engrais. »

Car oui, le petit monde de la bière a changé, son vocabulaire s’est affiné de nouveaux mots vernis comme des souliers de bal et les conversations sur le sujet donnent au profane l’impression d’avoir intégré un culte. En outre, l’arrivée en force des microbrasseries ajoute toute une gamme artisanale à l’offre déjà pharaonique des établissements spécialisés, lesquels prennent peu à peu des allures de wine bars, les courtiers en assurances en moins. Et pour finir, il y a l’effet de mode ; les médias couvrent considérablement l’évolution du marché et la consommation de « bonnes bières » gagne de plus en plus de monde. À terme, on en arrive vite à voir en tout ceci la nouvelle tendance swag du moment.

Alors qu’en est-il, snob ou pas ? Eh bien selon mon opinion d’expert-parce-que-j’ai-internet, je dirais que ça dépend. De vous, notamment. Considérez-vous que la bière sert avant tout à se mettre des mines en groupe pour pas cher ? Parce que dès lors oui, on peut considérer qu’elle a gagné un solide côté bobo dernièrement. Même considération lorsque l’on entend un passionné tenir un discours du type « les Anglais, y savent pas faire de la bonne bière » : il est devenu tout à fait possible de combiner amour du houblon et pédanterie.

 À l’image : des gens pédants.
À l’image : des gens pédants.

Toutefois, si le paysage autour de la bière a changé, la situation en elle-même n’est pas fondamentalement nouvelle. Après tout, certaines brasseries jouissent d’une excellente réputation depuis très longtemps et, comme on le disait plus haut, il y a toujours eu un marché pour les bières sortant de l’ordinaire. Je pense que la grande différence, c’est que beaucoup plus de monde s’y met, que ce soit en tant que brasseur ou que consommateur, et qu’à ce titre, le discours sur le sujet s’élargit d’autant de points de vue. Dont certains sont assez snobs, peut-être bien.

Mais dans tous les cas, je pense que la bière mérite une culture ; elle a joué un rôle prépondérant dans nos sociétés, a gagné toute la planète, était déjà largement consommée lorsque le mammouth existait encore, il serait dommage de la ramener à une stupide boisson sans ambition. Le retour en force de la bière artisanale peut être vu comme une mode, mais finalement, c’est plus une question d’artisanal que de bière : combien de temps hésiteriez-vous entre une lasagne industrielle ou artisanale ?

Donc pour conclure, je dirais que la bière s’est surtout diversifiée. Elle n’a pas opté pour une direction spécifique, elle est partie dans tous les sens. Elle se consomme autant sous des formes simples que complexes, comme le vin. Quant à savoir si c’est une mode passagère, c’est un autre débat. Mais à priori, je dirais oui et non. Comme ça c’est clair pour tout le monde.

Jeux de moûts

Samedi dernier, à l’invitation de Christian de bierversuche.ch, une bonne vingtaine de brasseurs de sont retrouvés à Renens, dans les locaux de La Nébuleuse (une véritable rencontre IRL, donc). L’événement s’intitulait « Wortspiele », un jeu de mots intraduisible qui signifie « Jeu de mots ». Le principe, c’est le même que celui des rencontres des homebrewers dont je vous avais parlé jadis : à partir d’un même moût, tout le monde brasse sa propre bière. La base choisie cette fois est une porter. Le 11 février, tout le monde reviendra pour se faire goûter le résultat, lors d’un événement public.

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C’était la troisième édition de Wortspiele, la première en Suisse romande après Rapperswil et Berne. Ca a parlé allemand, français, un peu italien et beaucoup anglais. Il y avait des petites brasseries, des plus grandes, réunies dans un esprit très convivial. Et on peut vraiment dire que les participants venaient de toute la Suisse, de Genève à la Thurgovie en passant par le Tessin. C’était d’ailleurs une belle occasion de rencontrer quelques brasseurs alémaniques, dont on ne trouve pas toujours facilement les bières par ici.

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Et si tu me permets un petit commentaire personnel, c’était très agréable de voir autant de brasseurs réunis autour d’un même amour des bons produits bien réalisés, sans le moindre esprit de concurrence.

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Bref, notez le 11 février dans vos agendas.

Négocier son Virage

Par une belle après-midi d’automne, je suis allé visiter la Brasserie du Virage. Elle est facile à trouver, elle est située dans un virage.

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Bon sur cette photo, ça ne se voit pas

Il se trouve à Sacconex d’Arve, sur la commune de Plan-les-Ouates, quelque part dans la campagne genevoise, pas très loin du pied du Salève. Elle partage ses locaux avec la distillerie du Sacconnex-d’Arve, un endroit très oecuménique où on trouve de l’eau-de-vie, de la bière et même du vin.

La brasserie du Virage, c’est aussi une de celles qui ont la cote en ce moment. Elle n’existe pourtant que depuis avril 2015, mais les brasseurs faisaient déjà des bières pour les copains ensemble, « dans une grande maison », depuis des années avant de se lancer. « Nous avions envie de faire des bières qui nous plaisaient et que nous ne trouvions pas dans la région », m’a expliqué Jonas. Ce qui ne les empêche pas d’être ambitieux : ils sont aujourd’hui cinq, dont quatre qui consacrent trois jours par semaine à la brasserie, et l’objectif avoué c’est de pouvoir en vivre à plein temps. « Pour grandir, le problème principal, ce n’est ni la production ni la vente, mais la place », affirme Jonas.

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L’an prochain, l’objectif du Virage sera de trouver une certaine stabilité. Ca veut dire qu’il n’y aura plus de numéros sur leurs bouteilles. La pale ale 11, par exemple, c’était la onzième recette différente de pale ale qu’ils essayaient. Cette phase d’expérimentation va se terminer. Ce qui ne veut pas dire que les brasseurs du Virage vont arrêter de faire des essais. (J’ai d’ailleurs une photo qu’on m’a demandé de ne pas publier (je dis ça pour me vanter) avec deux-trois trucs que je me réjouis bien de goûter). Et vu qu’ils ont leurs locaux dans une distillerie, ils ont accès à des fruits et à des fûts dont il n’est pas impossible qu’ils fassent quelque chose. Et ça ne veut pas dire non plus qu’ils vont changer de philosophie : « Nous ne faisons que des bières que nous avons envie de boire. »

Oecuménisme
Oecuménisme

Et si vous voulez goûter leurs bières et rencontrer l’équipe, il faut aller à la brasserie le jeudi de 18h à 20h (il y a un bus qui s’arrête juste devant).

 

Zinal – Sierre

Plusieurs bars et restaurants pour amateurs de bière ont ouvert ces dernières semaines. A Lausanne, le bar de la Mise en Bière et ses 32 bières pression (mais ne vous inquiétez pas, ils ont aussi les bouteilles) et De l’autre côté, un restaurant pas loin de la cathédrale, avec une belle carte de bières et où on mange plutôt bien. A Fribourg, La Blonde, ouvert par la brasserie Haldemann. Lui aussi à deux pas de la cathédrale, je sais pas s’il faut y voir un message.

A Sierre, ce n’est pas une nouvelle ouverture, mais un déménagement en bas la plaine. L’hôtel le Besso, à Zinal, a fermé ses portes, mais Julien Brändli a repris un restaurant, Le Foyer, à Sierre. Avec exactement la même recette : cuisine locale et de saison, salaisons maison, abricotine maison, une bonne carte de vins régionaux, ce genre de choses bien sympathiques.

Alors bon, au niveau du paysage, c’est moins bien (là, je devais coller une photo, mais mon téléphone récalcitre).

Mais au niveau des virages, c’est mieux.

Et donc, des bières. Maison, puisque comme au Besso, on y trouvera des bières des cinq 4000, même un peu plus qu’avant, mais pas seulement. Il y a plus de place pour des tireuses et Julien va en profiter pour proposer un choix assez large. « Avec des produits exclusifs », promet-il. Le Foyer va également mettre en avant les brasseries valaisannes, en invitant des « brasseurs du mois » qui pourront faire découvrir leurs produits.Il fera pareil avec des vignerons. Et le restaurant, situé dans le hub technologique sierrois, pourra attirer une clientèle moins montagnarde qu’avant, et proposera régulièrement des évènements. 14711104_593658760836886_6706746142981586321_o

Pour le moment, le brassage est mis un peu entre parenthèses, mais on se doute bien que ça ne va pas durer. « Toujours selon le même principe : des one shot et beaucoup de collaborations. »

 

 

Geneva Beer Festival

Nouveau venu parmi les festivals de bières de Suisse romande, le premier Geneva Beer Festival aura lieu ce week-end au Pavillon Sicli, aux Acacias. Il y aura une vingtaine de brasseries, romandes pour la plupart mais aussi une française (dont le logo est un rhinocéros, message personnel) et une italienne et un chouette programme : des dégustations de bières (bien sûr), des food trucks et des initiations au food pairing, avec notamment un atelier d’accords bière-fromage, le vendredi de 17 à 22 heures et le samedi de 12 à 22 heures. Ensuite, des bars avec de la musique et de la bière « plus accessible, plus grand public, parce qu’après des heures de dégustation, on a besoin de boire quelque chose de plus simple, mais pas de la Carlsberg », m’a promis Ati, un des organisateurs.

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Ce festival aurait dû se dérouler au Cercle des Bains, au début du mois. Il a dû être déplacé (j’espère que vous n’êtes pas là-bas en train d’attendre, du coup : il fait froid), pour des raisons que l’on qualifiera d’administratives. « C’est un mal pour un bien », affirme Ati : le pavillon Sicli a permis d’inviter plus de brasseries et pourra aussi accueillir plus de public. Les organisateurs avouent avoir été un peu surpris par l’ampleur qu’a pris l’événement (3100 participants et 14’000 intéressés d’après Facebook). Ils estiment que le nouvel endroit permettra tout de même de pouvoir déguster des bières tranquillement et même de pouvoir parler avec les brasseurs. « J’ai découvert les beer festivals à Londres, pendant un Erasmus, et j’ai aimé cet esprit, le fait de pouvoir échanger », explique Ati. Il dit d’ailleurs aimer l’esprit de partage qui règne dans la craft beer : « les brasseurs s’échangent leurs recettes, ça ressemble au monde de l’open source. »

Les organisateurs ont dû refuser des brasseurs. Pour cette première édition, il n’y aura que des bières à la pression – les plus petites brasseries ont reçu de l’aide de l’ABAG pour ça. « Mais on va essayer de changer le concept pour la suivante », m’a dit Ati. Comme je sais bien lire entre les lignes, j’en déduis donc que les organisateurs réfléchissent déjà à une deuxième édition.

La Bière des étoiles

Il y a bien longtemps, alors que le système solaire n’était qu’un large nuage moléculaire, une ou plusieurs supernovas se produisirent dans les alentours proches, provoquant une densification de la matière en plusieurs points de l’espace. Sous l’effet de la gravité, ces molécules s’assemblèrent pour donner le soleil ainsi que les planètes composant son système ; sur l’une d’elle apparut de l’eau sous forme liquide, où la vie se développa, laquelle gagna la terre ferme, engendrant par la suite la race humaine, qui inventa la bière.

Ceci pour expliquer le rapport évident qui existe entre la bière et les étoiles.

Zythologie
Zythologie

Aujourd’hui, à l’instar de l’Homme, la bière a conquis la planète et lève désormais les yeux vers l’espace infini, comme nous l’apprennent quelques articles du site happy beer time.

Microbrasserie et micropesanteur

Les astronautes de la station spatiale internationale n’ont pas accès à des quantités inépuisables d’eau potable, parce que leur lieu de travail fuse constamment dans le vide. Pour y remédier, ils créent et recyclent leur propre eau à grands coups de science. Mais dès lors, toute la question est de savoir ce qu’on fait si quelque bactérie du cosmos vient contaminer les réserves.

Ce n'est pas comme si on pouvait aérer facilement.
Ce n’est pas comme si on pouvait aérer facilement.

La réponse à ce défi du futur, dont dépend peut-être la conquête de l’univers, nous vient tout droit du Moyen âge : on brasse de la bière, bien sûr, comme ça on dégomme les bactéries. Une solution si directe et si simple qu’on pourrait la croire imaginée par un enfant. On aurait raison.

C’est en effet à l’âge de onze ans que Michael Bodzianowski, résident au Colorado, a proposé de brasser de la bière dans l’ISS. Il avait appris dans un livre du type « le saviez-vous ? » les vertus stérilisantes de la bière qui lui valaient d’être parfois préférée à l’eau durant le Moyen âge et proposa qu’on fasse la même chose dans l’espace. Et contrairement à ce qui se passait lorsque vous ou moi émettions une idée à onze ans, tout le monde cria au génie.

Par contre, le fait qu'il ait un nom à consonance polonaise n'arrange rien aux stéréotypes.
Par contre, le fait qu’il ait un nom à consonance polonaise n’arrangera rien aux stéréotypes.

C’est ainsi qu’il fut décidé de bricoler une microbrasserie là-haut ; dans le cadre d’une campagne visant à faire participer les jeunes à la recherche, près de 4’000 étudiants américains envoyèrent un total de 744 propositions, dont 11 furent retenues. On octroya même un petit laboratoire à Michael Bodzianowski pour qu’il puisse prendre part au projet.

L’idée est de procéder à la même préparation sur Terre et dans la station, afin de pouvoir comparer les résultats et de pouvoir, enfin, connaître les effets de la micropesanteur sur la fermentation. Par contre, si l’idée date de fin 2013, il faudra attendre encore plusieurs années avant que la brasserie soit prête à l’emploi.

Résultats de la recherche : les effets de l'alcool sont décuplés dans l'espace. Coûts de la recherche : une station spatiale internationale.
Résultats de la recherche : les effets de l’alcool sont décuplés dans l’espace. Coûts de la recherche : une station spatiale internationale.

Une petite pinte pour l’Homme

Tout bon docteur vous dira que la roche lunaire pourrait être bénéfique pour la santé, avant de préciser que cela reste quand même très peu probable. Qu’à cela ne tienne, la brasserie américaine Dogfish Head vous propose la Celest Jewel Ale, confectionnée avec de la poussière de Lune.

Ceci parce que le sol lunaire est très riche en sels et en minéraux, ce qui favorise la fermentation, et aussi, voire surtout, parce qu’ils peuvent : Dogfish Head est partenaire avec l’entreprise ILC Rover, qui élabore des combinaisons pour la NASA. À ce titre, ils ont pu se procurer un peu de ce – je cite – unique et extrêmement rare ingrédient.

Vraiment pas si rare que ça, une fois sur place.
Vraiment pas si rare que ça, une fois sur place.

Il faut une matière littéralement d’un autre monde pour que l’argument « brassé avec de la poussière » ait un impact positif sur le produit. Dans tous les cas, on nous promet une boisson « au goût de terre unique et complexe » qui rappelle un peu les bières allemandes, donc pas si unique, mais c’est une façon fair-play de souligner que la conquête de la Lune n’aurait jamais eu lieu sans les Allemands. Pour s’en faire une idée plus précise, il faudra se rendre dans le Delaware, où se trouve le seul pub où la Celest Jewel Ale est servie.

Dans son bout de tissu d'astronaute, comme ça elle se réchauffe plus vite.
Dans son bout de tissu d’astronaute, comme ça elle se réchauffe plus vite.

Les amoureux de l’espace vous diront sans doutes qu’ils préféreraient se rendre sur la Lune pour y déguster une bière brassée avec de la poussière du Delaware, mais on fait avec les moyens du bord. En outre, Dogfish Head est une brasserie de bonne réputation, donc vous ne perdez sans doute rien à essayer si vous êtes de passage. Enfin, vous ne serez pas surpris d’apprendre que la Celest Jewel Ale est une édition limitée, qui date, elle aussi, de 2013 (c’était une année bizarre pour la bière). Donc si vous êtes intéressé, vous allez devoir expérimenter votre propre course à la Lune.

L’orge qui venait de l’espace

En 2006, dans le cadre d’un test initié conjointement par l’université d’Okayama et l’Institut des Problèmes Médicaux et Biologiques de Moscou, de l’orge fut envoyé dans l’ISS, où on le cultiva durant 5 mois avant d’en ramener les graines sur Terre. Là, elles furent semées dans le centre de recherche de la brasserie Japonaise Sapporo et vous savez maintenant comment est né l’orge de l’espace.

Donc « orge de l'espace » au même titre que les enfants de Neil Armstrong sont des hommes de la Lune.
Donc « orge de l’espace » au même titre que les enfants de Neil Armstrong sont des hommes de la Lune.

Bien que le résultat des récoltes soit essentiellement destiné à la recherche, on en consacre une partie à l’élaboration de la Space Barley, que vous pouvez vous offrir pour 75 Euros les 6 bouteilles de 33cl, à condition d’être un Japonais résidant dans le pays, de vous inscrire à un tirage au sort et d’être sélectionné. Bon joueur, Sapporo nous prévient qu’il ne faut pas s’attendre à une différence de goût majeure entre une Space Barly et une Good Old Earth Barley.

« ça a un goût d'espace ! »
« ça a un goût d’espace ! »

À noter que les recettes seront investies dans la recherche spatiale et l’éducation en Russie et au Japon. Donc pendant que vous buvez pour oublier, l’humanité apprend. Win win.

Drum and brasse

Vous ai-je dit que je me suis rendu au Rock ô Jorat Festival ce week-end ?

Et que je suis un piètre photographe ?
Et que je suis un piètre photographe ?

À l’occasion de ses dix ans, la Brasserie du Jorat décida de marquer cette journée d’une pierre blanche (pourquoi ai-je cette impression d’avoir raté une opportunité de jeu de mots ?) par le biais d’un événement réunissant deux éléments que l’on associe trop rarement à un dixième anniversaire : la bière et le rock. Spoiler alert, c’était super.

Peut-être était-ce d’ailleurs une de ces manifestations déjà réussies avant même d’avoir commencé : un week-end complet de festivités, une quinzaine de concerts, des animations pour petits et grands, des food trucks, une visite de la brasserie et de la bonne bière, on avait toutes les raisons de vouloir y faire un crochet.

Je m’y suis rendu pour ma part samedi soir, en profitant des navettes assurant gratuitement l’aller-retour aux piétons comme moi ou aux automobilistes responsables comme vous ; une fois sur place, j’ai assisté au très bon concert d’Émilie Zoé, vu plein de sourires et de bonne humeur, découvert d’excellentes bières et ramené un chouette souvenir.

Nombre de grands artistes étaient présents, parmi lesquels Joe Brassin, Froment Pagny, The Black Eyed Pils, Jacques Dutrinque, Pint, Draft Punk, Bal-Avoine, Damien Saeigle, Soaf, Nana Mousse-Kouri, Ad’Ale, Ace of Brasse et Boire Désir.

Il fallait voir le public reprendre en cœur « quand je pense à fermente » !
Il fallait voir le public reprendre en cœur « quand je pense à fermente » !

Blagues à part, je n’ai aucune idée des chiffres ou de la fréquentation, mais entre le cadre plaisant, la bonne cuvée, la belle musique, l’organisation solide (merci pour les navettes !) et la super ambiance, ce que je retire de cette soirée m’incite à penser que la Brasserie du Jorat devrait fêter ses dix ans plus souvent.

Festival cherche sponsors

Un nouveau festival est en préparation. Il s’appelle FestYmalt et aura lieu à l’Amalgame d’Yverdon le 10 septembre de 11 heures à 22 heures. Huit brasseries vaudoises et une belge sont invitées : Les Trois Dames, La Nébuleuse, La Brasserie du Temps, Les Fleurs du Malt,la brasserie des Mines, la Concorde, la Brasse Mortier, la brasserie du Jorat et Gulden Draak Le festival sera ponctué d’intermèdes musicaux proposés par les Ateliers Jazz, Funk et Blues du Conservatoire de Musique du Nord Vaudois.

La Brasserie des Mines brassera sur place, ce qui permettra aux visiteurs de se familiariser un peu avec cet art.

festymaltC’est organisé par la guilde des Décapsuleurs, un club d’amateurs de bières créé par Mark Borden, le patron de La Cave à Bières, dont je vous avais déjà parlé.

On reviendra probablement sur ce festival en septembre. Mais d’ici là, il cherche des sponsors, ce que vous aviez probablement deviné car c’est le titre de ce billet et que vous êtes malins. Si vous êtes intéressés, vous pouvez vous adresser à laguildedesdecapsuleurs(AT)gmail(POINT)com