Archives mensuelles : mai 2014

Smartbeer est un service de bières sur abonnement. L’idée est de faire découvrir les brasseries artisanales de Suisse, alémanique et romande en alternance (avec, forcément, du bon et du moins bon suivant les mois) en envoyant chaque mois trois fois deux bières (pour la paix des ménages, je suppose). Le service fête ses deux ans. Et organise, pour marquer le coup, une visite d’une des meilleures brasseries de Suisse, les Trois Dames, à Sainte-Croix. Inscriptions ici.

Le chant des artisans

Mais au fait, me demandai-je, c’est quoi une bière artisanale ? C’est quoi, une micro-brasserie ?
En France, le terme artisan est protégé. Ça simplifie le débat. Ça n’empêche pas certaines brasseries de produire de fausses bières régionales.
Aux Etats-Unis, une microbrasserie produit moins de 15’000 fûts par an, indique Wikipedia. Ça simplifie aussi le débat.

En Suisse, rien de bien clair.

Mais la bière artisanale est à la mode est quand quelque chose est à la mode, les gros groupes essaient de le récupérer. Là, bon, la ficelle est tellement grosse que ça ne devrait pas marcher :

NON

J’ai goûté (du bout des lèvres) cette bière soi-disant artisanale et romande. Un mot me vient à l’esprit : beurk. Les premiers avis sur Ratebeer sont pour le moins mitigés.

La « Cardoche », avant, c’était la bière des Fribourgeois. Pas très bonne, certes, mais meilleure que toutes les autres mauvaises lager parce qu’elle était d’ici. Puis en 2012, l’usine ferme est la production se fait à Rheinfelden. Les Fribourgeois ne sont pas très très contents.

Deux ans plus tard, dans son magazine malicieusement appelé « Soif [pdf] », Feldschlösschen prétend sur de longues pages que les Dzozets aiment toujours autant leur bintche du cru. Hockeyeurs, étudiants, tous sponsorisés par la marque, répètent le joli petit refrain.

Au passage, on y apprend la naissance de cette bien pâle Brunette. Brassée… en Valais.

Comme je suis un garçon curieux, j’ai tout de même posé des questions au service de presse de chez Feldschlösschen.

Vous produisez désormais une bière qualifiée d’artisanale, mérite-t-elle vraiment ce nom ?

Oui, elle mérite ce nom, pour le raisons suivantes:
  • Un brasseur et un développeur de produits, ont créé ensemble la Cardinal Brunette, bière à fermentation haute, à l’arôme malté. C’est une ale typique. La bière est le résultat de leur collaboration et de leur passion de brasser la meilleure bière pour l’entreprise Feldschlösschen. 
  • La bière est brassée en Valais, à la Brasserie Valaisanne à Sion; c’est une brasserie de petite taille et avec des installations comme celles d’une brasserie artisanale.

Qu’est-ce que c’est, pour vous, au juste, une bière artisanale ?

C’est une bière brassée avec de la passion, qui a été crée par des brasseurs par passion pour leur profession et qui est consommée par des passionnés de la bière.

A quel public pensez-vous vous adresser ?

C’est une bière pour tous les amateurs de bière. Et pour celles et ceux qui veulent goûter autre chose que de la bière lager pour changer.

Nous avons lancé Cardinal Brunette pour la gastronomie. C’est une innovation qui offre des chances à nos clients dans la gastronomie de toute la Suisse. Nous démontrons ainsi, que le marché suisse romand est important pour nous.
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Beaucoup de passion, donc. Beaucoup moins de goût, hélas.

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Mais au fait, dis-moi : c’est quoi, une bière artisanale ?

 

 

 

 

Non, n’aie pas peur, viens voir le docteur

Un peu de copinage pour débuter ce site, mais pas que : la brasserie Docteur Gab’s est arrivée à La Claie-aux-Moines en septembre 2012, elle a déjà dû agrandir ses installations depuis. En 2013, elle brassait 1300 hectolitres, cela devrait monter à près de 2000 en 2014. La brasserie a été fondée en 2001 à Jouxtens-Mézery, elle s’est installée quelques années plus tard à Epalinges, dans une vieille bâtisse transformée en brasserie. Avec son nouveau déménagement, elle est définitivement passée pro. Aujourd’hui, après des années à brasser en guise de hobby, les trois fondateurs vivent aujourd’hui de leur bière.

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J’ai donc été boire une Chameau avec Reto Engler, le responsable de la communication de Docteur Gabs.

La brasserie a débuté par un kit de brassage offert pour les 16 ans de Gabriel par sa sœur. Mais à 16 ans, c’est rare d’aimer la bonne bière…
C’est vrai que nous avons commencé un peu par hasard, à cause de ce kit. C’était amusant de créer un produit, les étiquettes, les bouteilles, développer l’entreprise. En ce qui me concerne, avant 17 ans, je n’aimais pas du tout la bière, même pas celle que nous faisions. C’est venu petit à petit. Notre intérêt pour les bières spéciales s’est vraiment développé sur le tas, en faisant nos expériences, en goûtant à gauche à droite. Gabriel et David étaient un peu plus connaisseurs et se disaient « il n’y a pas ce que nous cherchons sur le marché, donc nous allons le faire nous mêmes ». En 2001, il y avait beaucoup moins de brasseries qu’aujourd’hui, ça veut dire que c’était aussi plus difficile de trouver de la littérature et des matières premières.

Aujourd’hui, la Gab’s se trouve dans pas mal de bars, de magasins, dans tout le canton de Vaud, ainsi que dans les restaurants Holy Cow à Genève et Zurich, comment faites-vous pour démarcher ?
Contrairement à des plus grandes brasseries comme BFM ou Trois-Dames, qui passent par des distributeurs, nous faisons tout nous même. C’est plus compliqué, mais ça permet de mieux contrôler la chaîne. Ça nous permet d’avoir un discours vraiment authentique. Quant à Holy Cow, qui sera d’ailleurs présent pour notre prochaine journée portes ouvertes le 17 mai,être présent chez eux nous a permis de pas mal augmenter nos volumes. Ils ont ouvert leur premier restaurant avec alcool, place Bel-Air, pile au moment où nous étions en pleine phase de développement, ça tombait bien.

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Aujourd’hui, de plus en plus de bars proposent quelques bières artisanales, pas simplement de la mauvaise pression.
Cela reflète selon moi une évolution assez générale. Les gens veulent des bons produits, si possible locaux, et de la diversité. Personne ou presque ne commande pas un verre de vin sans se demander de quel cépage il s’agit, la même culture commence à exister dans la bière.

Par rapport à d’autres brasseries, Docteur Gabs est un peu « sage ». Vous proposez tout de même cinq bières de base et quatre saisonnières, mais on reste dans des choses assez classiques. Un choix définitif ?
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Il y a, premièrement, une raison historique. Nous avions envie de développer des bières qui nous plaisaient et nous avions plutôt envie d’expérimenter des choses assez classiques. D’autre part, les quelques essais un peu plus fantaisistes, genre bière courge-mangue (je ne sais pas pourquoi nous avons eu cette idée, je crois que c’était à cause d’une action au magasin…) ou bière à l’aspérule odorante, ne se sont pas révélés très réussis. Ça ne nous a pas vraiment motivés à persévérer. Et puis nous avons travaillés certains produits pour qu’ils soient aboutis. Aujourd’hui, nous essayons de rester cohérents, pour des raisons logistiques et pour que le client s’y retrouve. Quand nous brassions vraiment « maison », nous avions une dizaine de bières, un peu tout et n’importe quoi. Quand nous avons déménagé à Epalinges en 2004, nous avons commencé à vendre à quelques bars, plus seulement à notre entourage. Cela nous contraignait à assurer une certaine constance et une certaine production. Nous nous sommes donc concentrés sur les trois bières que nous maîtrisions le mieux, Houleuse, Tempête et Ténébreuse, plus les bières de saison pour se faire plaisir. Nous avons ajouté la Chameau un peu plus tard, et la Pépite à notre arrivée à la Claie-aux-Moines.

Une de vos particularités est d’être très présents sur les réseaux sociaux, notamment Twitter. C’est un gadget ou c’est important ?
Pour nous, être une brasserie régionale, ça veut dire avoir un contact avec les gens. En étant une toute petite brasserie, le contact était très direct. Aujourd’hui, les gens peuvent toujours venir à la brasserie ou au marché le samedi matin mais forcément, ce contact devient de moins en moins direct. La communication est donc pour nous un moyen de garder ce contact. Les réseaux sociaux ne sont pas juste une vitrine, nous aimons avoir unaccueil échange, répondre aux gens. Pour ça, Twitter marche mieux que Facebook, peut-être parce que ça attire des gens un peu plus geeks, un peu plus curieux. Et les journées portes ouvertes nous permettent aussi ce contact. Nous n’en faisions qu’une fois par année autrefois, nous sommes passés à quatre, cela permet aux gens qui s’intéressent à la brasserie de venir nous voir, se rencontrer. C’est pour ça que nous essayons d’en faire un évènement festif, avec de la musique, quelque chose à manger.

 

 

Mais qu’est-ce qu’elle a fait de moi la bière ?

Bienvenue.

L’idée de ce site, abreuvé par un amateur de bon houblon, c’est de regrouper l’activité des micro-brasseries de Suisse romande : dates de journées portes-ouvertes, nouveautés, etc.
J’essaierai, aussi régulièrement que possible, d’y publier aussi des articles : interviews, sujets en lien avec l’actualité brassicole. Les premiers articles devraient arriver bientôt.

L’idée de ce site, ce n’est pas de déguster et de noter : je me suis rendu compte que j’étais nul à ce jeu-là. D’autres le font très bien.

La bière artisanale est à la mode. De nouvelles brasseries se créent, d’autres disparaissent : n’hésitez pas à m’envoyer un message pour m’informer d’un oubli, d’une nouveauté, etc.

Santé !