Archives mensuelles : mai 2015

Des mines et du malt

Chaque mois, le nombre de brasseries en Suisse augmente. Frédéric Guerne, le brasseur de la « Courtysane » à Courtelary, ne colle pas vraiment à l’image que l’on pourrait se faire de ces nouveaux brasseurs.

Déjà parce que, il l’avoue, il n’était pas vraiment un grand amateur de bières quand il a décidé de se lancer. Lui, s’il s’est mis au malt et au houblon c’est parce qu’il n’aime pas l’hiver. Dans un livre sur les savoir-faire d’antan offert par sa femme, il a découvert l’art du brassage. Et pour occuper un peu ses journées pendant un hiver particulièrement mordant, il s’y est mis.

Ensuite parce que, contrairement à bien d’autres nouveaux venus, il ne rêve pas de vivre un jour de sa bière. Il a un métier, peu habituel mais qui le passionne : Frédéric Guerne est le fondateur de l’entreprise Digger DTR, à Tavannes, qui fabrique des engins de déminage. Une profession éprouvante. Brasser lui apporte la nécessaire décompression.

Actuellement, il fait des brassins de 90 litres, toutes les six semaines. De nouvelles cuves devraient lui permettre de doubler cette capacité. Les bières de la Courtyane ne devraient, pourtant, pas se retrouver sur les rayons de votre beer-shop favori. Toute la production est en général écoulée entre deux brassins. Principalement grâce au bouche-à-oreille. Les premiers clients étaient des amis ou des proches, « il commence maintenant à y en avoir que je ne connais pas. »

Frédéric Guerne dit surtout être motivé par la passion pour la mécanique. Ingénieur de formation, il a bricolé lui-même la plupart des appareils nécessaires à la fabrication de ses bières. Des fournisseurs, avec lesquels il travaille pour Digger, le laissent utiliser des chutes de matière première et leurs installations.

Les images viennent du site www.courtysane.ch

Particularité importante de la Courtysane : Frédéric Guerne malte lui-même, à partir d’orge planté exprès pour lui par des paysans de la région. Il fait également pousser du houblon, mais ses récoltes ne lui suffisent pas pour toute sa production.

Toute la famille participe, non seulement pour embouteiller, fabriquer les étiquettes ou concevoir le site internet, mais aussi pour l’élaboration des recettes. « Ma femme et mes enfants ont plus de goût que moi », assure-t-il. La famille est également mise à contribution pour les noms des bières. A chaque fois, il s’agit de localités en rapport avec la recette. Comme la Teresina, du nom d’un ville au Brésil, pays producteur d’oranges, oranges qui parfument cette blonde. « Notre manière à nous de voyager. »

Teresina qui, d’ailleurs, et j’aurais peut-être dû commencer par là, est une bière très réussie.

 

Piousse Mousse

Le 30 mai aura lieu la première édition du festival de la bière artisanale « FestiPiousse » au château d’Echallens.

 

Crédit photo : wikimedia commons

Si l’évènement est nouveau, les organisateurs ont déjà un peu d’entraînement. Ils ont créé l’organisation Risk en 2002. Elle avait pour but de gérer le skate park ouvert à Goumoens-la-Ville, puis déménagé à Echallens. Pour gagner l’argent nécessaire, ses membres ont commencé à organiser divers évènements, notamment des bars dans des fêtes locales. Cette année, ils ont eu envie de se concentrer sur un évènement sur un seul jour et ont eu l’idée de s’intéresser aux bières artisanales, « parce que tant qu’à bosser, autant se faire plaisir ».

Huit brasseries seront de la partie. Après des premiers contacts un peu difficiles, les organisateurs disent finalement avoir dû refuser du monde. Le bouche à oreille aidant, de nombreux brasseurs régionaux auraient voulu être de la partie. Il y aura six vaudois, plus les Valaisans de 7Peaks et une habituée de ce genre de manifestations, la brasserie fribourgeoise du Chauve. Un mélange de nouveaux venus – Brewhouse, la Concorde, le Lance-Pierre, et d’anciens comme Dr Gabs et les Fleurs du Malt, ou encore la brasserie du Château. Tous devront proposer des bières au même prix (4 francs) et des verres de la même taille (mais je suis sûr que si vous demandez gentiment, il y aura moyen de juste goûter celle-ci, aussi).

La fête se veut conviviale et familiale, avec des concerts – « adaptés au thème de la manifestation », paraît-il et des animations pour les enfants, histoire qu’ils puissent s’occuper pendant que papa et maman goûtent juste celle-ci aussi. Et pas de soucis, ils pourront ensuite rentrer avec le LEB.

Je savais pas comment illustrer alors j’ai mis une photo de LEB – crédit photo wikimedia commons

Si cette première édition est un succès, les organisateurs promettent de remettre ça en 2016, avec éventuellement plus de brasseries invitées. Et les premiers signes sont plutôt très bons : les places disponibles pour le menu « spécial bière » ont toutes trouvé preneur en moins d’une semaine, rien que grâce au bouche à oreille. Les organisateurs ont donc décidé d’organiser un deuxième service le soir, mais là aussi, tout est déjà complet.

Ah oui et sinon : Piousse est apparemment un mot du Gros-de-Vaud pour désigner une boisson houblonnée. Une bintche, en gros.

A vos agendas

La fin du mois de mai est une période agitée pour l’amateur de brasseries artisanales régionales, avec pas mal d’événements au programme. L’occasion de faire plein de dégustations, de rencontrer des brasseurs.

On commence, pour le week-end de l’Ascension, avec la « fête de la bière et des musiques festives« , à Vevey. Une impressionnante liste de bières en bouteille et à la pression, trois brasseries invitées, La Nébuleuse qu’on ne présente plus et 7Peaks et la brasserie du Gimlé, qu’on présente encore, des concerts, des shows, un brassin public.

On continue, les 29 et 30 mai, avec les portes-ouvertes de la brasserie du Jorat, à Vulliens, une brasserie qui vaut bien mieux que son classement lors du dernier « A bon entendeur ». Et Vulliens est un très joli but de promenade. Et une promenade n’est jamais aussi agréable que s’il y a une bière au bout du chemin.

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On enchaîne, toujours le 30 mai, sur un tout nouveau festival, le FestiPiousse. Huit brasseries invitées, nouvelles venues ou confirmées, un menu spécial bière, des concerts. J’espère vous en dire un peu plus prochainement.

Ensuite, le 7 juin, le Biergarten de Granges-Marnand – le canton de Vaud aime décidément la bière. Avec comme chaque année la brasserie artisanale de Payerne, qui brasse beaucoup de bières différentes dont certaines très originales, la microbrasserie staviacoise du Prévert – dont les bières sont très difficiles à trouver, ce qui est une excellente raison d’aller les goûter à Granges-Marnand, la brasserie du Chauve et la microbrasserie du Poyet. Et en invité cette année, Bières&Co. de Corgémont, dans le Jura bernois, une brasserie assez récente mais plutôt ambitieuse, avec des bières originales (et réussies ? je ne le sais pas encore), trois bières fumées, une stout au raisin, bref, de l’imagination.

Et c’est tout ? Ben non, c’est pas tout. Les éditions Helvetiq et Monica Saxer, auteure du livre « Randos bières » dont je t’ai déjà parlé, organisent une rando bière le 31 mai. A Bâle, ce qui n’est plus en Suisse romande, mais on ne va pas chipoter, ça reste dans la banlieue de Delémont. Objectif, la brasserie Voltabräu, que je ne connais pas du tout.

Et c’est tout ? Toujours pas. La Cascade, la bière d’été du Docteur Gabs’s, sera présentée officiellement en exclusivité mondiale à la brasserie de Montbenon, le 22 mars. Avec des accords bière-charcuterie, ce qui me semble de bien bon augure.

Et c’est tout ? Sûrement pas.