Archives mensuelles : août 2015

Promenade de santé

Parmi les très nombreuses manifestations liées à la bière au programme ces prochaines semaines, il en est une qui détonne un peu : la balade de la bière de Vollèges. Déjà, parce qu’il s’agit de la sixième édition et ensuite, parce que c’est, comme vous vous en dbalade_2015 outiez probablement, une balade.

Sur 7-8 kilomètres, quatre stands proposeront aux participants de savourer un repas, accompagné de bières artisanales. Sur le parcours, des surprises comme un jacuzzi dans les champs ou une guggenmusik.

Au menu cette année, velouté à l’oignon, feuilleté aux champignons des bois, civet de sanglier, fromages régionaux et verrine Belle-Hélène pour le dessert, côté nourriture. Côté boisson, les (incontournables) lausannois de La Nébuleuse et trois brasseries valaisannes, 7Peaks de Morgins, de la Mule d’Isérables, ainsi que des organisateurs, la brasserie de Vollèges.

D’ailleurs, cette dernière est née pour l’événement : quand ils ont décidé de lancer la première « balade de la bière », pour animer le village, les huit organisateurs se sont dits qu’il fallait aussi qu’ils  brassent leur propre bière. Depuis, ils ont racheté une ancienne laiterie où ils proposent des dégustations deux fois par mois.

L’an dernier, la balade avait attiré plus de 400 personnes. Les organisateurs espèrent bien faire encore mieux cette année. N’oubliez pas de vous inscrire ! Et après la balade, il sera tout à fait possible de rester faire la fête au village et de redéguster les créations des quatre brasseries. Les brasseurs seront sur place pour parler de leurs produits.

11898517_975946785789583_3213774036811329648_n

Et pour plus d’infos : la page Facebook de la brasserie de Vollèges.

Histoires et personnalités

Parfois, on pose une question idiote à quelqu’un qui décide de faire mentir l’adage et donne une réponse intelligente.

J’ai donc demandé « Et toi, pourquoi tu aimes la bière ? » à Alessandra Roversi, consultante indépendante (notamment pour le pavillon suisse à l’Expo Universelle de Milan 2015 et pour Slow Food Suisse), qui donne aussi des cours « bières et fromages de Suisse Romande », notamment aux Mangeurs à Genève.

11296392_10153340079410993_1055245601_o
« Ma première boisson alcoolisée à 18 ans (je sais, c’est tard!) était une bière « Imperial » au Costa Rica. Une boisson certes peu artisanale mais très rafraichissante et pour le coup assez exotique pour une fribourgeoise immergée dans l’esprit « moments d’amitié » de la Cardinal. En parlant d’explorations, quelques étés plus tard je me suis d’ailleurs retrouvée dans une soirée de lancement de la Guinness en Ethiopie où j’ai appris que le goût, contrairement à ce que l’on peut penser, n’est pas le même que dans les versions européennes.

A part ces digressions dépaysantes, j’ai découvert la bière artisanale au milieu des années 2000 à travers le mouvement Slow Food en Italie qui a très rapidement accompagné le développement fulgurant des brasseries artisanales de la Péninsule en les faisant découvrir sur des stands et lors de dégustations dans ses événements comme le Salone del Gusto ou Cheese. Depuis Slow Food publie le guide de référence sur les bières artisanales en Italie
, organise des formations continues pour adultes appelées « Master of Food » sur la bière et même, à l’Université des Sciences Gastronomiques – créée par le fondateur de Slow Food – il existe un « Haut Apprentissage pour Maître Brasseur« .

Mes premières bières artisanales étaient donc les bières du Baladin de Teo Musso, chez qui j’ai très vite eu la chance de me laisser emporter dans un premier repas où chaque plat était accompagné par une bière différente. A l’époque en Suisse on ne connaissait (et encore que très peu) Jérome Rebetez de la BFM qui d’ailleurs allait régulièrement au village de Teo Musso (Piozzo, au Piémont) pour être jury d’un premier concours de brasseurs amateurs (chacun dans une grande casserole!). C’est d’ailleurs Teo Musso qui m’a parlé de la BFM pour la première fois. Depuis Baladin a fait un énorme chemin et vous pouvez d’ailleurs goûter ces bières italiennes qui étaient à l’avant-garde de la (re)naissance artisanale en exclusivité au bar « Les Trentenaires » à Fribourg !


J’aime la bière artisanale par goût pour les histoires et les personnalités: chacune des brasseries peut être décrite par des récits d’amitié et de rencontres, d’enthousiasme, de déconvenues d’indépendant ou de succès d’entrepreneurs. On aime rencontrer les auteurs derrière les breuvages, partager une « binche » ou deux, parler de leurs projets et inspirations. Acheter de la bière artisanale permet de soutenir l’économie locale, d’encourager la créativité de proximité mais aussi quelque part sans doute de se sentir d’avantage valorisé comme consommateur. C’est agréable au fond de pouvoir ramener des histoires à partager et des idées à faire passer avec son acte d’achat.

J’aime la bière artisanale pour son potentiel de produit agricole. C’est un défi d’avenir intéressant de redonner sa dimension terrienne à ce produit artisanal devenu au fond très urbain parfois. C’est pourtant une vieille histoire de céréales et d’eau et la « bière agricole » a une jolie opportunité de redonner sa place à l’agriculture et aux agriculteurs suisses par le biais d’un produit authentique sans être poussiéreux ni enfermé dans un terroir parfois trop folklorique.

La bière artisanale n’est pas une boisson d’accompagnement neutre et anodine car elle prend souvent un rôle de premier plan sur une table en faisant parler et débattre. Sur ces bonnes paroles, étanchons notre soif (de connaissance!) et à bientôt j’espère pour un « moment d’amitié »! »

11422976_10153340082420993_1064200126_o