Archives mensuelles : avril 2016

La bière au Moyen Âge

On l’a vu, la bière a été l’une des pierres angulaires des civilisations antiques, avec la poterie, l’écriture et les rois qui se prennent pour des dieux. Avec le temps toutefois, sa popularité s’éroda quelque peu, notamment en Grèce et à Rome, où les hautes sphères de la société lui préféraient la noblesse d’un vin dans lequel on sautait pourtant à pieds nus.

Brutes.
Brutes.

Si les méthodes de brassage n’évoluèrent plus tant que ça durant l’antiquité tardive, la recette n’en continua pas moins de voyager, jusqu’à gagner les derniers bleds du monde connu qui n’en avaient pas encore fait la découverte ; la consommation comme la confection de bière demeura toutefois l’apanage des petites gens, le vin gardant la préférence des plus fortunés et de l’Église. Cette dernière percevait d’ailleurs la bière comme un liquide du Diable, contrairement au vin, qui était le sang du Christ. Allez argumenter contre ça…

C’est pourtant aux moines que l’on devra le retour au premier plan du liquide du Diable, lorsque les monastères s’entichèrent de la confection de bière, moins onéreuse à produire que le vin. Dès le septième siècle, il était devenu courant pour les moines de brasser un ou plusieurs types de bière, que ce soit pour leur consommation personnelle, pour offrir aux pèlerins ou pour soigner les malades.

Et puis, avec le temps, on reprit conscience des vertus de la bière ; à une époque où l’eau favorisait les épidémies, on ne pouvait que percevoir comme une bénédiction le fait que se mettre une mine équivalait à se prémunir contre les maladies. La consommation de bière sauva bien des vies et l’Église, avec qui c’était tout ou rien, déclara que ce breuvage était un bienfait de Dieu, l’action de la levure pouvant être perçue comme un miracle.

Ils avaient bien d'autres théories, mais celle du miracle avait la préférence du moment, en ce qu'elle était la seule qui ne vous envoyait pas au bûcher.
Ils avaient bien d’autres théories, mais celle du miracle avait la préférence du moment, en ce qu’elle était la seule qui ne vous envoyait pas au bûcher.

Bien entendu, Moyen Âge oblige, les brasseurs se débrouillaient avec ce qu’ils avaient sous la main, ce qui pouvait considérablement varier d’une région à une autre ; en résulta donc nombre de méthodes de brassages et de recettes différentes, qui se perfectionnèrent au fil du temps. Et bien qu’à terme on se mit d’accord un peu partout pour reconnaître que le houblon paraissait plus ou moins indispensable, beaucoup de ces méthodes survécurent jusqu’à nos jours, et leurs résultats garnissent encore nos comptoirs.

C’est du reste à force de tâtonner qu’on développa en Bavière une nouvelle méthode de fermentation, qui offrait l’avantage de mieux supporter la chaleur et dont le résultat se conservait plus longtemps. La fermentation basse était née, amenant toute une gamme de perspectives nouvelles, dont découlerait notamment la Pils. La chose fut perçue comme une révolution.

Révolution.
Révolution.

Et c’est ainsi que grâce aux bons soins des moines, la bière passa d’un mets très nutritif semi-liquide dont même les Romains ne voulaient pas à ce que l’on connaît aujourd’hui. Et comme par hasard, quelques siècles plus tard, on entrait dans la Renaissance.

Sources (lol) : http://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/232-histoire-generale/3608-histoire-de-la-biere-2-le-moyen-age.html