Archives mensuelles : novembre 2016

Jeux de moûts

Samedi dernier, à l’invitation de Christian de bierversuche.ch, une bonne vingtaine de brasseurs de sont retrouvés à Renens, dans les locaux de La Nébuleuse (une véritable rencontre IRL, donc). L’événement s’intitulait « Wortspiele », un jeu de mots intraduisible qui signifie « Jeu de mots ». Le principe, c’est le même que celui des rencontres des homebrewers dont je vous avais parlé jadis : à partir d’un même moût, tout le monde brasse sa propre bière. La base choisie cette fois est une porter. Le 11 février, tout le monde reviendra pour se faire goûter le résultat, lors d’un événement public.

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C’était la troisième édition de Wortspiele, la première en Suisse romande après Rapperswil et Berne. Ca a parlé allemand, français, un peu italien et beaucoup anglais. Il y avait des petites brasseries, des plus grandes, réunies dans un esprit très convivial. Et on peut vraiment dire que les participants venaient de toute la Suisse, de Genève à la Thurgovie en passant par le Tessin. C’était d’ailleurs une belle occasion de rencontrer quelques brasseurs alémaniques, dont on ne trouve pas toujours facilement les bières par ici.

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Et si tu me permets un petit commentaire personnel, c’était très agréable de voir autant de brasseurs réunis autour d’un même amour des bons produits bien réalisés, sans le moindre esprit de concurrence.

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Bref, notez le 11 février dans vos agendas.

Négocier son Virage

Par une belle après-midi d’automne, je suis allé visiter la Brasserie du Virage. Elle est facile à trouver, elle est située dans un virage.

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Bon sur cette photo, ça ne se voit pas

Il se trouve à Sacconex d’Arve, sur la commune de Plan-les-Ouates, quelque part dans la campagne genevoise, pas très loin du pied du Salève. Elle partage ses locaux avec la distillerie du Sacconnex-d’Arve, un endroit très oecuménique où on trouve de l’eau-de-vie, de la bière et même du vin.

La brasserie du Virage, c’est aussi une de celles qui ont la cote en ce moment. Elle n’existe pourtant que depuis avril 2015, mais les brasseurs faisaient déjà des bières pour les copains ensemble, « dans une grande maison », depuis des années avant de se lancer. « Nous avions envie de faire des bières qui nous plaisaient et que nous ne trouvions pas dans la région », m’a expliqué Jonas. Ce qui ne les empêche pas d’être ambitieux : ils sont aujourd’hui cinq, dont quatre qui consacrent trois jours par semaine à la brasserie, et l’objectif avoué c’est de pouvoir en vivre à plein temps. « Pour grandir, le problème principal, ce n’est ni la production ni la vente, mais la place », affirme Jonas.

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L’an prochain, l’objectif du Virage sera de trouver une certaine stabilité. Ca veut dire qu’il n’y aura plus de numéros sur leurs bouteilles. La pale ale 11, par exemple, c’était la onzième recette différente de pale ale qu’ils essayaient. Cette phase d’expérimentation va se terminer. Ce qui ne veut pas dire que les brasseurs du Virage vont arrêter de faire des essais. (J’ai d’ailleurs une photo qu’on m’a demandé de ne pas publier (je dis ça pour me vanter) avec deux-trois trucs que je me réjouis bien de goûter). Et vu qu’ils ont leurs locaux dans une distillerie, ils ont accès à des fruits et à des fûts dont il n’est pas impossible qu’ils fassent quelque chose. Et ça ne veut pas dire non plus qu’ils vont changer de philosophie : « Nous ne faisons que des bières que nous avons envie de boire. »

Oecuménisme
Oecuménisme

Et si vous voulez goûter leurs bières et rencontrer l’équipe, il faut aller à la brasserie le jeudi de 18h à 20h (il y a un bus qui s’arrête juste devant).

 

Zinal – Sierre

Plusieurs bars et restaurants pour amateurs de bière ont ouvert ces dernières semaines. A Lausanne, le bar de la Mise en Bière et ses 32 bières pression (mais ne vous inquiétez pas, ils ont aussi les bouteilles) et De l’autre côté, un restaurant pas loin de la cathédrale, avec une belle carte de bières et où on mange plutôt bien. A Fribourg, La Blonde, ouvert par la brasserie Haldemann. Lui aussi à deux pas de la cathédrale, je sais pas s’il faut y voir un message.

A Sierre, ce n’est pas une nouvelle ouverture, mais un déménagement en bas la plaine. L’hôtel le Besso, à Zinal, a fermé ses portes, mais Julien Brändli a repris un restaurant, Le Foyer, à Sierre. Avec exactement la même recette : cuisine locale et de saison, salaisons maison, abricotine maison, une bonne carte de vins régionaux, ce genre de choses bien sympathiques.

Alors bon, au niveau du paysage, c’est moins bien (là, je devais coller une photo, mais mon téléphone récalcitre).

Mais au niveau des virages, c’est mieux.

Et donc, des bières. Maison, puisque comme au Besso, on y trouvera des bières des cinq 4000, même un peu plus qu’avant, mais pas seulement. Il y a plus de place pour des tireuses et Julien va en profiter pour proposer un choix assez large. « Avec des produits exclusifs », promet-il. Le Foyer va également mettre en avant les brasseries valaisannes, en invitant des « brasseurs du mois » qui pourront faire découvrir leurs produits.Il fera pareil avec des vignerons. Et le restaurant, situé dans le hub technologique sierrois, pourra attirer une clientèle moins montagnarde qu’avant, et proposera régulièrement des évènements. 14711104_593658760836886_6706746142981586321_o

Pour le moment, le brassage est mis un peu entre parenthèses, mais on se doute bien que ça ne va pas durer. « Toujours selon le même principe : des one shot et beaucoup de collaborations. »