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Pas de brevets sur la bière

En 2016, l’Office européen des brevets a accordé plusieurs brevets pour des cultures d’orge à Heineken et Carlsberg. Dans plusieurs pays d’Europe, des organisations ont réagi. Elles voient dans ces brevets la possibilité pour les grands groupes d’augmenter leur mainmise sur le marché, aux dépens des agriculteurs, des autres brasseurs et des consommateurs. De plus, elles estiment que l’OEB exploite des zones grises de la loi pour contourner les interdictions existantes. Ces organisations ont réussi à ce que la demande soit réexaminée, ce qui devrait être le cas en juin.

En Suisse, c’est Swissaid, Pro Specie Rara et Public Eye qui mènent la fronde. Ils adressent une lettre ouverte à la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, « demandant que la Suisse s’engage auprès du Conseil d’administration de l’OEB en faveur d’un changement de pratique dans la délivrance des brevets ». Une lettre que vous pouvez signer ici si ce sujet vous interpelle.

Jeux de moûts

Samedi dernier, à l’invitation de Christian de bierversuche.ch, une bonne vingtaine de brasseurs de sont retrouvés à Renens, dans les locaux de La Nébuleuse (une véritable rencontre IRL, donc). L’événement s’intitulait « Wortspiele », un jeu de mots intraduisible qui signifie « Jeu de mots ». Le principe, c’est le même que celui des rencontres des homebrewers dont je vous avais parlé jadis : à partir d’un même moût, tout le monde brasse sa propre bière. La base choisie cette fois est une porter. Le 11 février, tout le monde reviendra pour se faire goûter le résultat, lors d’un événement public.

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C’était la troisième édition de Wortspiele, la première en Suisse romande après Rapperswil et Berne. Ca a parlé allemand, français, un peu italien et beaucoup anglais. Il y avait des petites brasseries, des plus grandes, réunies dans un esprit très convivial. Et on peut vraiment dire que les participants venaient de toute la Suisse, de Genève à la Thurgovie en passant par le Tessin. C’était d’ailleurs une belle occasion de rencontrer quelques brasseurs alémaniques, dont on ne trouve pas toujours facilement les bières par ici.

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Et si tu me permets un petit commentaire personnel, c’était très agréable de voir autant de brasseurs réunis autour d’un même amour des bons produits bien réalisés, sans le moindre esprit de concurrence.

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Bref, notez le 11 février dans vos agendas.

Négocier son Virage

Par une belle après-midi d’automne, je suis allé visiter la Brasserie du Virage. Elle est facile à trouver, elle est située dans un virage.

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Bon sur cette photo, ça ne se voit pas

Il se trouve à Sacconex d’Arve, sur la commune de Plan-les-Ouates, quelque part dans la campagne genevoise, pas très loin du pied du Salève. Elle partage ses locaux avec la distillerie du Sacconnex-d’Arve, un endroit très oecuménique où on trouve de l’eau-de-vie, de la bière et même du vin.

La brasserie du Virage, c’est aussi une de celles qui ont la cote en ce moment. Elle n’existe pourtant que depuis avril 2015, mais les brasseurs faisaient déjà des bières pour les copains ensemble, « dans une grande maison », depuis des années avant de se lancer. « Nous avions envie de faire des bières qui nous plaisaient et que nous ne trouvions pas dans la région », m’a expliqué Jonas. Ce qui ne les empêche pas d’être ambitieux : ils sont aujourd’hui cinq, dont quatre qui consacrent trois jours par semaine à la brasserie, et l’objectif avoué c’est de pouvoir en vivre à plein temps. « Pour grandir, le problème principal, ce n’est ni la production ni la vente, mais la place », affirme Jonas.

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L’an prochain, l’objectif du Virage sera de trouver une certaine stabilité. Ca veut dire qu’il n’y aura plus de numéros sur leurs bouteilles. La pale ale 11, par exemple, c’était la onzième recette différente de pale ale qu’ils essayaient. Cette phase d’expérimentation va se terminer. Ce qui ne veut pas dire que les brasseurs du Virage vont arrêter de faire des essais. (J’ai d’ailleurs une photo qu’on m’a demandé de ne pas publier (je dis ça pour me vanter) avec deux-trois trucs que je me réjouis bien de goûter). Et vu qu’ils ont leurs locaux dans une distillerie, ils ont accès à des fruits et à des fûts dont il n’est pas impossible qu’ils fassent quelque chose. Et ça ne veut pas dire non plus qu’ils vont changer de philosophie : « Nous ne faisons que des bières que nous avons envie de boire. »

Oecuménisme
Oecuménisme

Et si vous voulez goûter leurs bières et rencontrer l’équipe, il faut aller à la brasserie le jeudi de 18h à 20h (il y a un bus qui s’arrête juste devant).

 

Zinal – Sierre

Plusieurs bars et restaurants pour amateurs de bière ont ouvert ces dernières semaines. A Lausanne, le bar de la Mise en Bière et ses 32 bières pression (mais ne vous inquiétez pas, ils ont aussi les bouteilles) et De l’autre côté, un restaurant pas loin de la cathédrale, avec une belle carte de bières et où on mange plutôt bien. A Fribourg, La Blonde, ouvert par la brasserie Haldemann. Lui aussi à deux pas de la cathédrale, je sais pas s’il faut y voir un message.

A Sierre, ce n’est pas une nouvelle ouverture, mais un déménagement en bas la plaine. L’hôtel le Besso, à Zinal, a fermé ses portes, mais Julien Brändli a repris un restaurant, Le Foyer, à Sierre. Avec exactement la même recette : cuisine locale et de saison, salaisons maison, abricotine maison, une bonne carte de vins régionaux, ce genre de choses bien sympathiques.

Alors bon, au niveau du paysage, c’est moins bien (là, je devais coller une photo, mais mon téléphone récalcitre).

Mais au niveau des virages, c’est mieux.

Et donc, des bières. Maison, puisque comme au Besso, on y trouvera des bières des cinq 4000, même un peu plus qu’avant, mais pas seulement. Il y a plus de place pour des tireuses et Julien va en profiter pour proposer un choix assez large. « Avec des produits exclusifs », promet-il. Le Foyer va également mettre en avant les brasseries valaisannes, en invitant des « brasseurs du mois » qui pourront faire découvrir leurs produits.Il fera pareil avec des vignerons. Et le restaurant, situé dans le hub technologique sierrois, pourra attirer une clientèle moins montagnarde qu’avant, et proposera régulièrement des évènements. 14711104_593658760836886_6706746142981586321_o

Pour le moment, le brassage est mis un peu entre parenthèses, mais on se doute bien que ça ne va pas durer. « Toujours selon le même principe : des one shot et beaucoup de collaborations. »

 

 

Geneva Beer Festival

Nouveau venu parmi les festivals de bières de Suisse romande, le premier Geneva Beer Festival aura lieu ce week-end au Pavillon Sicli, aux Acacias. Il y aura une vingtaine de brasseries, romandes pour la plupart mais aussi une française (dont le logo est un rhinocéros, message personnel) et une italienne et un chouette programme : des dégustations de bières (bien sûr), des food trucks et des initiations au food pairing, avec notamment un atelier d’accords bière-fromage, le vendredi de 17 à 22 heures et le samedi de 12 à 22 heures. Ensuite, des bars avec de la musique et de la bière « plus accessible, plus grand public, parce qu’après des heures de dégustation, on a besoin de boire quelque chose de plus simple, mais pas de la Carlsberg », m’a promis Ati, un des organisateurs.

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Ce festival aurait dû se dérouler au Cercle des Bains, au début du mois. Il a dû être déplacé (j’espère que vous n’êtes pas là-bas en train d’attendre, du coup : il fait froid), pour des raisons que l’on qualifiera d’administratives. « C’est un mal pour un bien », affirme Ati : le pavillon Sicli a permis d’inviter plus de brasseries et pourra aussi accueillir plus de public. Les organisateurs avouent avoir été un peu surpris par l’ampleur qu’a pris l’événement (3100 participants et 14’000 intéressés d’après Facebook). Ils estiment que le nouvel endroit permettra tout de même de pouvoir déguster des bières tranquillement et même de pouvoir parler avec les brasseurs. « J’ai découvert les beer festivals à Londres, pendant un Erasmus, et j’ai aimé cet esprit, le fait de pouvoir échanger », explique Ati. Il dit d’ailleurs aimer l’esprit de partage qui règne dans la craft beer : « les brasseurs s’échangent leurs recettes, ça ressemble au monde de l’open source. »

Les organisateurs ont dû refuser des brasseurs. Pour cette première édition, il n’y aura que des bières à la pression – les plus petites brasseries ont reçu de l’aide de l’ABAG pour ça. « Mais on va essayer de changer le concept pour la suivante », m’a dit Ati. Comme je sais bien lire entre les lignes, j’en déduis donc que les organisateurs réfléchissent déjà à une deuxième édition.

Festival cherche sponsors

Un nouveau festival est en préparation. Il s’appelle FestYmalt et aura lieu à l’Amalgame d’Yverdon le 10 septembre de 11 heures à 22 heures. Huit brasseries vaudoises et une belge sont invitées : Les Trois Dames, La Nébuleuse, La Brasserie du Temps, Les Fleurs du Malt,la brasserie des Mines, la Concorde, la Brasse Mortier, la brasserie du Jorat et Gulden Draak Le festival sera ponctué d’intermèdes musicaux proposés par les Ateliers Jazz, Funk et Blues du Conservatoire de Musique du Nord Vaudois.

La Brasserie des Mines brassera sur place, ce qui permettra aux visiteurs de se familiariser un peu avec cet art.

festymaltC’est organisé par la guilde des Décapsuleurs, un club d’amateurs de bières créé par Mark Borden, le patron de La Cave à Bières, dont je vous avais déjà parlé.

On reviendra probablement sur ce festival en septembre. Mais d’ici là, il cherche des sponsors, ce que vous aviez probablement deviné car c’est le titre de ce billet et que vous êtes malins. Si vous êtes intéressés, vous pouvez vous adresser à laguildedesdecapsuleurs(AT)gmail(POINT)com

Un festival de festivals

C’est la presse qui le dit : en ce moment, je n’ai plus le temps.
Mais le mois de juin arrive, les bras chargés d’événements houblonnés.

Le week-end prochain, il ne faudra pas manquer le Lausanne Beer Celebration.13268405_784833004952562_1030887262519731641_o

 

L’association Echec et Malt et le PiBar organisent un festival, un peu comme l’année passée mais en encore mieux. Cette fois, c’est dans le cadre de Lausanne à Table et ça se passe à la cantine de Sauvabelin, idéal pour laisser les enfants courir dans les bois pendant que tu dégustes tes bières. Par exemple. Il y aura dix brasseurs suisses et quatre étrangers, que du très bon. Forcément, l’association Echec et Malt et le PiBar, c’est toujours un peu Rabei Allouch et il connaît plutôt bien son sujet.

Source : www.lausanne.ch
La cantine de Sauvabelin, sans bière. Source : www.lausanne.ch

Il y aura aussi un concours ouvert aux brasseurs amateurs, avec dans le jury, Rabei, Laurent Mousson, Philippe Bov Corbat, Alessandra Roversi, Raphael Mettler – s’ils te disent que ta bière est bonne, c’est qu’elle est bonne. Et s’ils te disent pourquoi elle ne l’est pas, tu peux aussi leur faire confiance, c’est donc une très belle occasion pour des « hobbybrewers » de s’améliorer.
Il y aura aussi à manger, bien sûr.
Et pour financer le festival, quatre brasseurs (Mont-Salève, Trois-Dames, 523 et Echec&Malt)(excusez du peu) ont créé une bière collaborative, déjà disponible dans plusieurs bars: Les Artisans, la Grenette et bien sûr le PiBar à Lausanne, le Pooc à Bienne, The International à Zurich.

 

L’event Facebook

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Le week-end prochain, il ne faudra pas manquer le Rock o Jorat, le festival organisé pour les dix ans de la brasserie du Jorat. Raoul Gendroz, le fondateur de cette brasserie, a toujours apprécié de faire venir des groupes pour les journées portes-ouvertes, il voulait donc de la musique pour cet événement, « la machine s’est un peu emballée » et c’est devenu un festival, avec une très belle affiche, Kassette, John Dear, par exemple.
Mais il y aura aussi plein d’autres choses, démonstrations de brassage, atelier de bricolage, brunch et food trucks. Et c’est à Vulliens, avec plein de magnifiques itinéraires de randonnées. Mais vous pouvez aussi y aller avec la navette spéciale qui part depuis le métro Croisettes à Lausanne. Et il y aura une cuvée spéciale dix ans à découvrir.

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« Nous sommes fiers de montrer que nous avons dix ans », m’a expliqué Nicolas, le chargé de comm (entre autres) de la brasserie. « Cela fait dix ans que Raoul fait de l’éducation, en expliquant aux gens ce qu’est de la bière artisanale ».

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La brasserie du Jorat s’est d’abord fait connaître dans sa région, elle a supplanté la Boxer et des choses bien pires que ça dans quelques buvettes du foot et autres girons de la jeunesse mais commence à sortir un peu de sa région, en participant notamment à des manifestations comme le Food Truck festival, où quatre brasseurs vaudois s’étaient associés pour tenir un bien chouette bar.
Son credo : des bières simples mais bien faites, « parce que nous pensons que c’est plus difficile de réussir une bière simple qu’une triple IPA aux cacahuètes ».

(Et ce sera l’occasion de prouver qu’on sait faire la fête dans la région, pour ceux d’entre vous qui imagineraient le Jorat mormon)(désolé)

L’event Facebook

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Et sinon, le week-end prochain, c’est un premier samedi du mois : Burgers and Beers à La Nébuleuse, portes-ouvertes aux 3 Dames.

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Et après ça, on se repose ? Mais non, penses-tu. Le 11 juin, il y a le Festipiousse, deuxième du nom, qui aura la lourde tâche de faire mieux que le premier. Le 18, il y a les 15 ans de la brasserie Docteur Gabs. Et le 19 juin, il y a le Biergarten de Granges-Marnand. Sans oublier le barbecue du Brew Club à Vidy : des brasseurs plus ou moins amateurs se sont retrouvés un après-midi pour faire la base d’une bière, ils ont tous ajouté leur petit grain de sel (enfin, plutôt de houblon, j’imagine) et là, ils se feront goûter le résultat, et tout le monde y est le bienvenu s’il apporte à manger et, surtout, des bières.
On vous en reparlera ici. Peut-être. Parce que en ce moment, je n’ai plus le temps. C’est la presse qui le dit.

La bière se met à table

Lausanne à table a dévoilé ce jeudi matin sa programmation 2016.   Cette manifestation est née suite au succès de Lausanne ville du goût et en est à sa cinquième édition. Son idée est de mettre en avant les produits régionaux. Elle n’est pas organisée par la ville de Lausanne, mais par un comité indépendant et beaucoup, beaucoup de bénévoles.

Il y aura, forcément, quelques événements en lien avec la bière cette année.

Tous les premiers samedis du mois, à midi, des dégustations « Burgers&Beers« , mitonnées par le ZooBurger et la brasserie La Nébuleuse. 4 mini-burgers associés à 4 bières pour découvrir les accords mets bières. Ca se passe à Renens, dans les locaux de La Nébuleuse.

Les 3 et 4 juin, la Lausanne Beer Celebration, organisée par l’association Echec et Malt et le PiBar. Avec dix brasseurs suisses et quatre étrangers, tous sélectionnés pour l’originalité de leurs produits.

Et enfin… je n’ai pas encore le droit de le dire. Mais dans le cadre d’un des événements en train de devenir incontournables de Lausanne à table, plusieurs brasseurs (eux aussi en train de devenir incontournables) lausannois et vaudois participeront, sous une forme que je me réjouis vraiment de vous annoncer.

 

Bière d’honneur vaudoise

Le canton de Vaud aura désormais sa bière d’honneur, comme il a son vin. Un postulat du député Vert Martial de Montmollin, « Faisons mousser la bière« , a en effet été accepté par le Grand Conseil cette semaine. Je lui ai demandé pourquoi.

C’est lui (source: twitter)

Pourquoi ce postulat ?

 J’ai déposé ce postulat pour soutenir la production de bière locale de qualité. Il y a environ 50 brasseurs sur le canton. Pour la plupart, ce sont des brasseurs artisanaux dont le travail mérite d’être mis en avant par une telle distinction.
 

Comment a réagi le parlement ? Tu t’attendais à ce que ce soit accepté ?

Le Grand conseil a été amusé. Certains collègues ont pris la parole pour me soutenir, d’autres pour combattre l’idée. Je ne savais pas vraiment quel serait le résultat, mais j’avais bon espoir.

2header_grand_conseilLe Grand Conseil (source: vd.ch)

 

Quels ont été leurs arguments ?

Les arguments pour:

– soutien à la production locale

– nouveaux débouchés pour l’agriculture

Les arguments contre:

– Pourquoi une distinction pour la bière et pas pour le saucisson ou la gentiane

– Ce débat décrédibilise le Grand conseil

Contrairement au vin, la bière n’a pas de tradition dans le canton, donc n’est ce pas prématuré ?

La bière a une grande tradition de consommation dans le canton. Il suffit de fréquenter n’importe quel giron pour s’en convaincre. Mais en ce qui concerne la production, il y a aussi une tradition brassicole vaudoise. Le dictionnaire historique suisse, par exemple, mentionne l’ouverture d’une brasserie en 1717 à Morges. Mais il y en a eu probablement bien d’autres. Cette tradition s’est perdue avec la concentration de la production qui nous a amenés a n’avoir plus qu’une trentaine de brasseurs au niveau suisse dans les années 70. Pendant longtemps, la bière Boxer (brasserie fondée en 1960) fut quasi la seule du canton, mais depuis une à deux décennies de nombreuses brasseries artisanales font revivre cette tradition oubliée.

1010Jeunes gens occupés à faire revivre les traditions (source: jeunessedetoy.ch)

Quand aura lieu le choix et comment ?

L’idée est que le Conseil d’Etat désigne une « bière d’honneur du Conseil d’Etat » au même moment qu’il désigne « le vin d’honneur du Conseil d’Etat » et le « fromage d’excellence », ce qui se fait généralement entre fin novembre et début décembre


Quels seront les critères ?

La balle est maintenant dans le camp du Conseil d’Etat qui devra élaborer le processus de désignation


Peu de bières locales sont brassées avec des matières premières locales (pour le moment). Est-ce qu’on peut vraiment parler de produit régional ?

A l’heure actuelle, l’orge et le houblon sont malheureusement importés. Toutefois, une production d’orge s’est développée à Genève et des essais sont en cours à Bavois. Les consommateurs de bières artisanales veulent le plus souvent un produit local de qualité. Il y a donc clairement un marché pour notre agriculture dans la production d’orge et de houblon locaux. Ce développement va tout à fait dans le sens de la diversification de l’agriculture et de l’orientation vers des produits de qualité et de circuits cours que prônent les Verts.

La brasserie du Chauve déménage

(Je me suis dit que tous les jeux de mots en chauve avaient déjà été faits, du coup, un titre efficace plutôt qu’un truc tiré par les cheveux, c’est bien aussi, non ?)

Le Chauve déménage. La brasserie fondée en 2010 par Jann Poffet quitte le centre-ville de Fribourg pour le Marly innovation Center où elle disposera de locaux neufs, 200 mètres carré qui permettront à l’équipe de brasser 4000 litres par semaine. « Ca nous permettra de ne plus mourir de chaud durant le brassage. Ne plus déplacer sur 150m des
palettes de bouteilles. Plus de facilité dans la logistique », résume Jann. Le local du chemin des Roches restera comme magasin et showroom. Cela permettra aussi à cette brasserie qui propose, à côté de son assortiment de base, quelques produits très originaux comme sa Savante à la pomme de terre, et fait des séries spéciales aussi bien pour l’Evêché de Fribourg que pour des punks échevelés, de sortir prochainement quelques nouvelles nouveautés.

J’en ai profité pour poser quelques questions au Chauve au lieu de le laisser tranquillement préparer le déménagement et la soirée d’inauguration de la nouvelle brasserie vendredi.

Photo volée sur le Facebook de la brasserie
Photo volée sur le Facebook de la brasserie

Au fait, à Fribourg, où la nostalgie de Cardinal est encore importante,
est-ce que c’est plus difficile de faire de la bière artisanale ?
C’est pas moins ou plus difficile, c’est différent. La grande difficulté
c’est les moyen financiers pour suivre la production, mais c’est un problème
pour toute entreprise

Et est-ce que tu constates un « Röstigraben » ?
Oui y a une différence de culture et ça se sent dans la nourriture et les
boissons.

La brasserie du Chauve est souvent présente à des festivals et autres
événements, est-ce que pour toi, rencontrer tes clients est important ?
Bien entendu c’est de la mise en avant et on se rapproche de nos clients

Le boom actuel des brasseries artisanales, ça te réjouit ? Ou c’est juste un
effet de mode ?
Bien entendu c’est des nouvelles bières qui arrivent, des nouveaux gouts et
un départ de culture. Et je ne pense pas que c’est une mode mais un ras le
bol des produit standardisés!