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La brasserie du Chauve déménage

(Je me suis dit que tous les jeux de mots en chauve avaient déjà été faits, du coup, un titre efficace plutôt qu’un truc tiré par les cheveux, c’est bien aussi, non ?)

Le Chauve déménage. La brasserie fondée en 2010 par Jann Poffet quitte le centre-ville de Fribourg pour le Marly innovation Center où elle disposera de locaux neufs, 200 mètres carré qui permettront à l’équipe de brasser 4000 litres par semaine. « Ca nous permettra de ne plus mourir de chaud durant le brassage. Ne plus déplacer sur 150m des
palettes de bouteilles. Plus de facilité dans la logistique », résume Jann. Le local du chemin des Roches restera comme magasin et showroom. Cela permettra aussi à cette brasserie qui propose, à côté de son assortiment de base, quelques produits très originaux comme sa Savante à la pomme de terre, et fait des séries spéciales aussi bien pour l’Evêché de Fribourg que pour des punks échevelés, de sortir prochainement quelques nouvelles nouveautés.

J’en ai profité pour poser quelques questions au Chauve au lieu de le laisser tranquillement préparer le déménagement et la soirée d’inauguration de la nouvelle brasserie vendredi.

Photo volée sur le Facebook de la brasserie
Photo volée sur le Facebook de la brasserie

Au fait, à Fribourg, où la nostalgie de Cardinal est encore importante,
est-ce que c’est plus difficile de faire de la bière artisanale ?
C’est pas moins ou plus difficile, c’est différent. La grande difficulté
c’est les moyen financiers pour suivre la production, mais c’est un problème
pour toute entreprise

Et est-ce que tu constates un « Röstigraben » ?
Oui y a une différence de culture et ça se sent dans la nourriture et les
boissons.

La brasserie du Chauve est souvent présente à des festivals et autres
événements, est-ce que pour toi, rencontrer tes clients est important ?
Bien entendu c’est de la mise en avant et on se rapproche de nos clients

Le boom actuel des brasseries artisanales, ça te réjouit ? Ou c’est juste un
effet de mode ?
Bien entendu c’est des nouvelles bières qui arrivent, des nouveaux gouts et
un départ de culture. Et je ne pense pas que c’est une mode mais un ras le
bol des produit standardisés!

Le Temps, c’est de la mousse

Samedi prochain, la brasserie du Temps organise un brassin public. Une bonne occasion d’aller faire un tour dans la riante bourgade de Treytorrens (pour ceux qui ne connaissent pas, c’est entre Bollion et Champtauroz) rencontrer Anne-Christine Gugler et Julien Barrière, visiter leur installation et goûter une de leurs (nombreuses) bières. Les beer geeks ont pu faire leur connaissance cette année notamment au Echec&Malt festival ou dans une des dégustations organisées par la Cave à Bières à Yverdon. On les retrouve aussi à la carte au PiBar et à la Bossette. En 2016, ils seront au FestiPiousse.

Julien et Anne-Christine se sont rencontrés lors d’une rencontre (c’est logique) de brasseurs amateurs. Tous deux faisaient déjà leurs bières de leurs côté, ils ont décidé de mettre leurs forces ensemble, comme dans les contes de fées si les fées buvaient de la bière. Ils affirment que c’est leur complémentarité qui fait leur force. Anne-Christine  est ingénieure en microtechnique, Julien a un CFC de mécanicien de précision. Leur installation est pratiquement entièrement « faite main ». Plutôt bien apparemment, puisqu’elle a également déjà servi pour des collaborations ou pour des « sans brasserie fixe ».

 

 

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Ce moment gênant où ta photo refuse de se mettre dans le bon sens

Ils peuvent actuellement brasser jusqu’à 160 litres par jour mais sont en train de doubler leur capacité – du coup, je n’ai pas fait de photos quand je suis allé leur rendre visite, mais en gros, ça ressemble à une petite brasserie en pleine croissance. Ils ont transformé une partie d’une ancienne ferme, avec notamment une salle de bains qui sert de salle de nettoyage et, comme le veut la coutume, ils n’ont plus beaucoup de place à disposition et des projets d’agrandissement.

La Brasserie du Temps existe officiellement depuis le 1er janvier 2015. Elle propose sept bières permanentes et 26 au total – et Julien et Anne-Christine disent avoir encore des recettes à expérimenter, avec l’aide de leur parrain de brassage belge. Même si ce hobby leur prend beaucoup de temps, deux heures par jour sept jours sur sept en moyenne, ils restent prudents, cela va rester pour eux un à côté.

Plus de renseignements sur leur site, où il y a aussi un financement participatif en cours. Et samedi, à Treytorrens (il y a un arrêt de bus juste devant leur porte, mais attention aux horaires).

Denim edition

Novembre est un mois éprouvant pour l’amateur de bières. En septembre et en octobre, il y a douze événements par week-end. En novembre, il y en a moins, mais ils sont incontournables. La nuit de la fraîcheur, la semaine prochaine à Ste-Croix, et le brassin public de BFM vendredi et samedi à Saignelégier.
Au programme : des concerts, une quinzaine de bières à la pression, du manger, des tas de surprises pour les geeks, bref, j’ai déjà dit incontournable ? Je me permets d’insister. (D’autant plus que les Franches-Montagnes en automne, c’est pas dégueu non plus)

J’ai micro-interviewé Jérôme Rebetez pour l’occasion.

Brassin public « Denim edition », ça veut dire qu’il faut venir en jeans ? (Et sinon, à quoi faut-il s’attendre, ce week-end ?)

Avec une chemise en jeans et des patches c’est encore mieux…
L’an passé 220 fûts de 20 litres, 30 minutes de queue pour entrer à la brasserie …Vous avez commencé en 1997, le marché de la bière artisanale était quasi inexistant. Aujourd’hui, il est en pleine explosion. Comment voyez-vous cette évolution ?

Dans le bon sens, avec des acteurs produisant de la vraie bière artisanale et prônant notre démarche, les parts de marchés cumulées ne peuvent que grandir.

Est-ce que ça vous donne envie, par exemple de faire des bières en collaboration ?
Non , je n’y vois que peu de valeur ajoutée pour notre marque. Je n’affectionne pas tellement ce type de promotionsIl y a maintenant une quinzaine de bières dans votre gamme, plus les séries limitées, est-ce que vous avez encore envie d’expérimenter, de tenter de nouvelles choses ?

Wait and taste !

Le club des zincs

Ça bouge dans le petit monde brassicole romand. Je te parle vite fait de deux initiatives bien sympathiques.

A Yverdon, Mark Borden a lancé avec d’autres amateurs de bière la « guilde des décapsuleurs ». En gros : des dégustations, des visites de brasseries, pour commencer, et plein d’autres projets ensuite, selon les envies des membres, environ tous les deux mois. Il imagine par exemple des dégustations centrées sur un type précis de bière. Ou même, pourquoi pas, un voyage vers la Belgique. S’il est un des initiateurs du projet, « ce que nous allons en faire dépendra un peu de qui le rejoindra », explique-t-il. Il n’a pas envie d’un club où les organisateurs sont les seuls à faire des propositions, mais d’une véritable plateforme d’échange. Une quarantaine de personnes se sont déjà montrées intéressées, preuve qu’il y a de la demande pour ce genre d’idées.Plus d’infos sur la page Facebook de la Cave à bières.

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On trouve des choses terrifiantes quand on tape « Décapsuleur » dans Google Images. Source: leboncoin.fr

 

Et puisqu’on parle de Facebook, un autre club  qui y est né, mais qui en est déjà largement sorti. Ça s’appelle « Swiss Home Brewers // Brasseurs amateurs suisses« . Un groupe lancé par Richard Soden, un brasseur amateur. Il s’agit, à la base, de s’échanger des astuces entre brasseurs, petits, moyens et grands, de se donner des coups de mains, de s’échanger du malt, des bouteilles, à l’image de ce qui existe déjà largement aux USA – et pour l’observateur non brasseur que je suis, de se réjouir de l’esprit convivial et de l’immense solidarité qui règne entre les différentes brasseries. Richard pensait réunir une dizaine de personnes à Lausanne, il en est à 40 dans toute la Suisse romande. Les échanges ont déjà débouché sur une rencontre, cet été, d’autres sont prévues ainsi que des visites de différentes brasseries. Un projet est né de la première rencontre : l’organisation de compétitions amicales. A partir d’un même moût, chacun ajoute ses houblons, ses levures et une bonne dose de savoir-faire puis on se retrouve pour faire goûter le résultat, et c’est surtout cette étape qui est importante : « C’est important d’avoir l’avis des autres. C’est assez facile faire de la bière, c’est plus difficile d’en faire une bonne. Les amis et la famille sont toujours étonnés de boire les bières fait maison, mais c’est difficile d’avoir une opinion objective de leur part », résume Richard.

Il y a même un t-shirt officiel du club
Il y a même un t-shirt officiel du club

M’est avis que tout cela devrait déboucher (plop) sur d’autres projets passionnants.

L’ordre du malt

C’est un paradoxe : le nombre de brasseries n’arrête pas d’augmenter en Suisse et les consommateurs apprécient de boire local. Mais le malt, comme le houblon, est produit ailleurs.

Mais cela va changer bientôt. Plusieurs projets existent, à Genève, dans le canton du Jura, dans le canton de Vaud, en Argovie.

Le projet genevois est opérationnel depuis deux semaines et sa première charge est prête à la commercialisation. « Nous attendons les résultats des derniers résultats des analyses qualitatives  ; nous devons préciser que nous sommes déjà très satisfaits de la qualité intrinsèque de ce premier malt produit », affirme John Schmalz, du Cercle des agriculteurs de Genève et environs. Ce projet est financé à 30% par la Confédération, dans le cadre d’un PDR (Projet de développement régional) et à 70% par la coopérative agricole. Son objectif est de « valoriser la production céréalière genevoise ». « Nous sommes en train de finaliser la labellisation GRTA (Genève Région Terre Avenir) afin que les brasseries genevoises puissent produire et commercialiser une bière à 99% genevoise et, pour les autres brasseries intéressées hors canton, il s’agit de leur fournir un malt 100% suisse », précise encore John Schmalz. Le premier malt produit est un EPC 2-4 – « nous n’avons pas le droit d’utiliser la définition de Pils- ou Pilsener en raison d’un accord entre la Suisse et la République Tchèque » – mais d’autres devraient suivre, notamment du malt de blé pour la weizen. La production est de 200 tonnes par an environ. Un autre projet existe à Soral, lancé par la brasserie du père Jakob, mais rien ne devrait bouger d’ici un à deux ans.

Image : CAG Genève
Image : CAG Genève

 

 

 

 

 

 
Le projet jurassien est porté par les jeunes et motivés brasseurs de la Blanche Pierre, à Delémont, Elena Hoffmeyer et Sandro Ettlin.  » Il s’agit de la première étape d’un processus qui vise, à moyen terme, la production d’une bière composée à 100% d’ingrédients biologiques d’origine locale. Le développement de la malterie répond à la volonté de créer un circuit de production-distribution court », ont-ils affirmé lors d’une récente conférence de presse. Ils prévoient de produire 5 à 6 tonnes de malt l’an prochain, pour eux et pour les brasseries du Nord-Ouest de la Suisse. Ensuite, ils aimeraient augmenter petit à petit cette capacité. « Nous sommes des bricoleurs, nous faisons beaucoup de choses nous même », précise Elena Hoffmeyer. Pour financer leur projet, ils ont lancé « un genre de crofoudingue, mais sans internet ». ( IBAN CH79 0078 9100 0004 4700 2 / mention „«projet malterie“», ils ont aussi une adresse mail et un numéro de téléphone pour plus de renseignements). Pour le moment, ils recherchent notamment des locaux leur permettant de concentrer toutes leurs diverses activités sur le même site. Sandro Ettlin m’a dit lors de la fête des vendanges (oui) de Moutier (si) que la phase de la recherche de fonds n’était pas franchement celle qu’ils préféraient, et Elena Hoffmeyer m’a raconté qu’il était probablement plus difficile d’être pris au sérieux avec un projet à 50 000 francs que s’ils demandaient un million.

Quant au houblon, Elena Hoffmeyer affirme que c’est « moins urgent » d’en produire : « il n’en faut que 150 grammes pour 100 litres, contre 22 kilos de malt ». La Blanche Pierre se fournit en bio et en Argovie. Elle est un peu sceptique quant à la mode actuelle du surhoublonnage, et se demande : « il y a tellement de façons de changer le goût d’une bière, pourquoi aller chercher du houblon en Nouvelle-Zélande ? Et cela tue un peu le plaisir de la découverte, quand on se trouve à l’étranger, si on utilise les mêmes houblons partout. » Mais cette plante pousse très bien en Suisse et des projets vont très certainement suivre prochainement, à l’image de ce qui se passe en France.

Cuve de trempage et tambour de germination, Image : CAG-Cercle des agriculteurs de Genève
Cuve de trempage et tambour de germination, Image : CAG-Cercle des agriculteurs de Genève

 

 

 

Au grain d’Orge fête ses dix ans

(Je n’étais pas très inspiré pour le titre)

 

« Au grain d’orge Crissier » fête ses dix ans cette année. Je suis allé y faire un tour vendredi, histoire de déguster une cuvée Grand Cru des regrettés Faiseurs de Bière et de parler houblon avec Anthony, le gérant de ce magasin quasi antédiluvien, tant le monde de la bière a changé depuis.

« Il y a dix ans, les gens ne comprenaient pas ce qu’on faisait », affirme-t-il. Au Grain d’Orge, c’était d’abord une société d’importation. Le magasin vend du whisky, du rhum et des bières, avec un rayon belge très étoffé. Celui consacré aux brasseries suisses n’a cessé de grandir. « Au début, je ne travaillais qu’avec quatre brasseries. » En 2011, pour la sortie du guide des brasseries de Suisse romande, il avait eu toutes les peines du monde à organiser une soirée avec des brasseurs venus de chaque canton.

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J’ai encore oublié de faire des photos, alors j’en ai volé une sur le site.

 

 

Anthony a toujours essayé de mettre en avant les produits locaux, quitte à « vendre des bières moyennes pour soutenir des brasseurs ». Il assure que c’est moins le cas aujourd’hui, « la qualité a augmenté, la Suisse n’a rien à envier à personne », même si tout ce qu’on lui propose n’est pas toujours fameux. Il profite des filiales du Grain d’orge à Courrendlin, Monthey, Moiry et Neuchâtel, « qui ont toutes une grande liberté pour leur assortiment », pour découvrir des bières venues de toute la Suisse romande, « et mon objectif est de découvrir un peu plus ce qui se fait en Suisse allemande ».

« Je n’aime pas tout ce que je vends, mais c’est mon métier de pouvoir conseiller objectivement mes clients », résume Anthony, dont la formation le destinait plutôt au monde du vin, mais qui préfère la bière pour son côté plus populaire. Il constate que les « beer geeks », à la recherche de la dernière nouveauté ou du produit spécial, ne sont de loin pas la majorité et que la plupart des consommateurs connaissent assez peu la bière artisanale. En dix ans, le nombre de magasins spécialisés a également augmenté, « mais ce ne sont pas des concurrents, nous ne nous tirons pas la bourre. Il y a une émulation, ça me force à rechercher la nouveauté ».

Parmi les brasseries qu’il cite en exemple : BFM, les précurseurs, « qui ont mis du temps à vraiment s’imposer », Dr Gabs, « qui s’est consolidé petit à petit, en prenant son temps et la Nébuleuse, « qui a au contraire vécu un décollage rapide, grâce à des produits très réussis. Ils ne se contentent pas de mettre des houblons spéciaux, comme d’autres. Ce n’est pas ça qui fait une bière. »

Le programme concocté pour les dix ans est plutôt sympathique, avec notamment l’inauguration d’une St Bon Chien vieillie dans les fûts de rhum du Grain d’Orge. L’occasion, donc, d’aller fureter dans les rayons de ce magasin. Même s’il y a beaucoup, beaucoup plus d’autres événements qu’il y a dix ans.

 

Promenade de santé

Parmi les très nombreuses manifestations liées à la bière au programme ces prochaines semaines, il en est une qui détonne un peu : la balade de la bière de Vollèges. Déjà, parce qu’il s’agit de la sixième édition et ensuite, parce que c’est, comme vous vous en dbalade_2015 outiez probablement, une balade.

Sur 7-8 kilomètres, quatre stands proposeront aux participants de savourer un repas, accompagné de bières artisanales. Sur le parcours, des surprises comme un jacuzzi dans les champs ou une guggenmusik.

Au menu cette année, velouté à l’oignon, feuilleté aux champignons des bois, civet de sanglier, fromages régionaux et verrine Belle-Hélène pour le dessert, côté nourriture. Côté boisson, les (incontournables) lausannois de La Nébuleuse et trois brasseries valaisannes, 7Peaks de Morgins, de la Mule d’Isérables, ainsi que des organisateurs, la brasserie de Vollèges.

D’ailleurs, cette dernière est née pour l’événement : quand ils ont décidé de lancer la première « balade de la bière », pour animer le village, les huit organisateurs se sont dits qu’il fallait aussi qu’ils  brassent leur propre bière. Depuis, ils ont racheté une ancienne laiterie où ils proposent des dégustations deux fois par mois.

L’an dernier, la balade avait attiré plus de 400 personnes. Les organisateurs espèrent bien faire encore mieux cette année. N’oubliez pas de vous inscrire ! Et après la balade, il sera tout à fait possible de rester faire la fête au village et de redéguster les créations des quatre brasseries. Les brasseurs seront sur place pour parler de leurs produits.

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Et pour plus d’infos : la page Facebook de la brasserie de Vollèges.

Histoires et personnalités

Parfois, on pose une question idiote à quelqu’un qui décide de faire mentir l’adage et donne une réponse intelligente.

J’ai donc demandé « Et toi, pourquoi tu aimes la bière ? » à Alessandra Roversi, consultante indépendante (notamment pour le pavillon suisse à l’Expo Universelle de Milan 2015 et pour Slow Food Suisse), qui donne aussi des cours « bières et fromages de Suisse Romande », notamment aux Mangeurs à Genève.

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« Ma première boisson alcoolisée à 18 ans (je sais, c’est tard!) était une bière « Imperial » au Costa Rica. Une boisson certes peu artisanale mais très rafraichissante et pour le coup assez exotique pour une fribourgeoise immergée dans l’esprit « moments d’amitié » de la Cardinal. En parlant d’explorations, quelques étés plus tard je me suis d’ailleurs retrouvée dans une soirée de lancement de la Guinness en Ethiopie où j’ai appris que le goût, contrairement à ce que l’on peut penser, n’est pas le même que dans les versions européennes.

A part ces digressions dépaysantes, j’ai découvert la bière artisanale au milieu des années 2000 à travers le mouvement Slow Food en Italie qui a très rapidement accompagné le développement fulgurant des brasseries artisanales de la Péninsule en les faisant découvrir sur des stands et lors de dégustations dans ses événements comme le Salone del Gusto ou Cheese. Depuis Slow Food publie le guide de référence sur les bières artisanales en Italie
, organise des formations continues pour adultes appelées « Master of Food » sur la bière et même, à l’Université des Sciences Gastronomiques – créée par le fondateur de Slow Food – il existe un « Haut Apprentissage pour Maître Brasseur« .

Mes premières bières artisanales étaient donc les bières du Baladin de Teo Musso, chez qui j’ai très vite eu la chance de me laisser emporter dans un premier repas où chaque plat était accompagné par une bière différente. A l’époque en Suisse on ne connaissait (et encore que très peu) Jérome Rebetez de la BFM qui d’ailleurs allait régulièrement au village de Teo Musso (Piozzo, au Piémont) pour être jury d’un premier concours de brasseurs amateurs (chacun dans une grande casserole!). C’est d’ailleurs Teo Musso qui m’a parlé de la BFM pour la première fois. Depuis Baladin a fait un énorme chemin et vous pouvez d’ailleurs goûter ces bières italiennes qui étaient à l’avant-garde de la (re)naissance artisanale en exclusivité au bar « Les Trentenaires » à Fribourg !


J’aime la bière artisanale par goût pour les histoires et les personnalités: chacune des brasseries peut être décrite par des récits d’amitié et de rencontres, d’enthousiasme, de déconvenues d’indépendant ou de succès d’entrepreneurs. On aime rencontrer les auteurs derrière les breuvages, partager une « binche » ou deux, parler de leurs projets et inspirations. Acheter de la bière artisanale permet de soutenir l’économie locale, d’encourager la créativité de proximité mais aussi quelque part sans doute de se sentir d’avantage valorisé comme consommateur. C’est agréable au fond de pouvoir ramener des histoires à partager et des idées à faire passer avec son acte d’achat.

J’aime la bière artisanale pour son potentiel de produit agricole. C’est un défi d’avenir intéressant de redonner sa dimension terrienne à ce produit artisanal devenu au fond très urbain parfois. C’est pourtant une vieille histoire de céréales et d’eau et la « bière agricole » a une jolie opportunité de redonner sa place à l’agriculture et aux agriculteurs suisses par le biais d’un produit authentique sans être poussiéreux ni enfermé dans un terroir parfois trop folklorique.

La bière artisanale n’est pas une boisson d’accompagnement neutre et anodine car elle prend souvent un rôle de premier plan sur une table en faisant parler et débattre. Sur ces bonnes paroles, étanchons notre soif (de connaissance!) et à bientôt j’espère pour un « moment d’amitié »! »

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Comment dit-on bière artisanale en hébreu ?

Valérie et Christian ont découvert, lors de leurs dernières vacances et à leur grande surprise, beaucoup de bonnes bières en Israël. Je leur ai demandé de vous raconter ça :

 

 

Il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’Israël puisse être une destination intéressante pour les amateurs de bière. Je connaissais certes la réputation de fêtarde de Tel-Aviv, mais je l’imaginais plus à la sauce « sans alcool la fête est plus folle » ou au mieux, dominée par les Carlsberg-Heineken-Guiness de ce monde. Non seulement j’ai découvert qu’on y produisait des vins pas mal, quoique chers, mais également des bières artisanales se défendant bien. Il semble même y avoir une véritable révolution des bières artisanales tant l’offre est vaste! Pour le voyageur helvète, reste le problème de la langue : comment déchiffrer ces étiquettes illisibles?

Du Porters & Sons au Beer Bazaar

J’ai testé deux bars proposant une large sélection de bières artisanales, en fût et en bouteilles. Au Porter & Sons on trouve plus de 70 bières, de la triple belge à la stout anglaise, mais ce sont bien sûr les bières artisanales israéliennes qui ont piquées ma curiosité. Je retiens la Ronen « The Ugly Indian » brassée par la brasserie Srigim, une IPA à 6.5% très houblonnée et fruitée à la finale amère intense, et l’IPA de la brasserie Dancing Camel de Tel Aviv, une ale bien houblonnée au goût d’agrumes et de malt à 7.2%.Ronen - The Ugly indianDancing camel IPA

Situé dans Shuk Ha Carmel, le Beer Bazzar est ouvert en journée seulement, durant les heures d’ouverture du marché. Dans cet espace de quelques mètres carrés seulement, on propose plus de 80 bières israéliennes en bouteilles ainsi qu’une petite restauration de tapas pour caler tout cela.

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Les proprios très sympas nous ont guidés dans une dégustation de quelques bières recommandées selon nos goûts. Tout d’abord, la Fat Cat Pale Ale en fût, brassée pour le Beer Bazaar par la brasserie Srigim. Une pale ale très trouble, pas trop houblonnée et légèrement sucré; plutôt rafraichissant. Ensuite, une des bières les plus populaires dans le milieu des bières artisanales à Tel Aviv, la Green de la brasserie Alexander. Cette IPA à 6.2%, somme toute assez légère avec des arômes de fruits exotiques, se boit très bien. Finalement, j’ai bu une excellente IPA, très solide à 7.2%, mais je n’arrive malheureusement plus à l’identifier. Les lecteurs connaissant l’hébreu pourrait peut-être nous venir en aide… Quelqu’un peut traduire?
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Si c’était un festival de musique, on dirait : « Mazette, quelle programmation ! ». Mais là, bon, c’est un festival de bières. N’empêche, mazette, quelle programmation.

Rabei Allouche, le patron du Pi-Bar à Lausanne, qu’en beer geek, tu connais forcément, lance ce samedi, dès 12 heures, son premier Beer Festival, avec la collaboration de son associé de la brasserie Echec et Malt. Dont la page Facebook est ici.

Cinq brasseries suisses, une française et une belge seront de la partie, avec un chouette mélange de brasseries établies et de nouvelles venues. « Rien que de la bonne qualité », promet Rabei. Du côté des nouveaux venus, la Brasserie du Temps, de Treytorrens, dans la Broye vaudoise et Brewhouse, un futur brewpub quelque part sur les rives du Léman. Et la Nébuleuse, si on peut encore les classer dans les nouveaux venus. En plus de la brasserie Echec et Malt, à ne pas confondre avec l’entreprise d’importation de bières Echec et Malt. Dans les deux cas, leur boss est un célèbre patron de bar et organisateur de festival. Et les Belges de Brouwerij de Dochter van de Korenaar, dont ce sera une première suisse.

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A la base, ça aurait dû être une soirée Meet the Brewer avec la brasserie du Mont-Salève. En quelques semaines, ça s’est transformé en festival. Et finalement… 33 bières pression, plus 13 en bouteilles, seront à déguster au parc de la Liberté (entre l’avenue de la Pontaise et l’avenue Druey) à Lausanne. Pas mal de nouveautés au programme, notamment sur les stands de la brasserie du Mont-Salève et des 3 Dames, très en verve en ce moment. Et Echec et Malt proposera une collaboration avec les Jardins d’Ouchy, une IPA à la fraise. Les beer geeks profiteront de la possibilité de commander des verres de 1 dl pour tout goûter, les autres se contenteront des 25 dl de circonstance. Et ceux qui préfèrent les verres en verre aux gobelets en plastique tenteront d’arriver tôt, mais il y a aussi moyen de réserver sur Facebook.

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Je savais pas quoi mettre comme illustration alors j’ai mis une photo de fraises (source : Wikimedia Commons)

Le festival se veut aussi une fête de quartier, avec des stands de nourriture, des animations pour enfants. Rabei attend entre 300 et 400 personnes. Son festival pourrait avoir lieu chaque année, si cette première est réussie. Et il mijote toujours un plus grand évènement, sur trois jours, avec une vingtaine de brasseries invitées et des autres animations en rapport avec le monde merveilleux du malt et du houblon… On en reparle, donc.

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