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La brasserie du Chauve déménage

(Je me suis dit que tous les jeux de mots en chauve avaient déjà été faits, du coup, un titre efficace plutôt qu’un truc tiré par les cheveux, c’est bien aussi, non ?)

Le Chauve déménage. La brasserie fondée en 2010 par Jann Poffet quitte le centre-ville de Fribourg pour le Marly innovation Center où elle disposera de locaux neufs, 200 mètres carré qui permettront à l’équipe de brasser 4000 litres par semaine. « Ca nous permettra de ne plus mourir de chaud durant le brassage. Ne plus déplacer sur 150m des
palettes de bouteilles. Plus de facilité dans la logistique », résume Jann. Le local du chemin des Roches restera comme magasin et showroom. Cela permettra aussi à cette brasserie qui propose, à côté de son assortiment de base, quelques produits très originaux comme sa Savante à la pomme de terre, et fait des séries spéciales aussi bien pour l’Evêché de Fribourg que pour des punks échevelés, de sortir prochainement quelques nouvelles nouveautés.

J’en ai profité pour poser quelques questions au Chauve au lieu de le laisser tranquillement préparer le déménagement et la soirée d’inauguration de la nouvelle brasserie vendredi.

Photo volée sur le Facebook de la brasserie
Photo volée sur le Facebook de la brasserie

Au fait, à Fribourg, où la nostalgie de Cardinal est encore importante,
est-ce que c’est plus difficile de faire de la bière artisanale ?
C’est pas moins ou plus difficile, c’est différent. La grande difficulté
c’est les moyen financiers pour suivre la production, mais c’est un problème
pour toute entreprise

Et est-ce que tu constates un « Röstigraben » ?
Oui y a une différence de culture et ça se sent dans la nourriture et les
boissons.

La brasserie du Chauve est souvent présente à des festivals et autres
événements, est-ce que pour toi, rencontrer tes clients est important ?
Bien entendu c’est de la mise en avant et on se rapproche de nos clients

Le boom actuel des brasseries artisanales, ça te réjouit ? Ou c’est juste un
effet de mode ?
Bien entendu c’est des nouvelles bières qui arrivent, des nouveaux gouts et
un départ de culture. Et je ne pense pas que c’est une mode mais un ras le
bol des produit standardisés!

Histoires et personnalités

Parfois, on pose une question idiote à quelqu’un qui décide de faire mentir l’adage et donne une réponse intelligente.

J’ai donc demandé « Et toi, pourquoi tu aimes la bière ? » à Alessandra Roversi, consultante indépendante (notamment pour le pavillon suisse à l’Expo Universelle de Milan 2015 et pour Slow Food Suisse), qui donne aussi des cours « bières et fromages de Suisse Romande », notamment aux Mangeurs à Genève.

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« Ma première boisson alcoolisée à 18 ans (je sais, c’est tard!) était une bière « Imperial » au Costa Rica. Une boisson certes peu artisanale mais très rafraichissante et pour le coup assez exotique pour une fribourgeoise immergée dans l’esprit « moments d’amitié » de la Cardinal. En parlant d’explorations, quelques étés plus tard je me suis d’ailleurs retrouvée dans une soirée de lancement de la Guinness en Ethiopie où j’ai appris que le goût, contrairement à ce que l’on peut penser, n’est pas le même que dans les versions européennes.

A part ces digressions dépaysantes, j’ai découvert la bière artisanale au milieu des années 2000 à travers le mouvement Slow Food en Italie qui a très rapidement accompagné le développement fulgurant des brasseries artisanales de la Péninsule en les faisant découvrir sur des stands et lors de dégustations dans ses événements comme le Salone del Gusto ou Cheese. Depuis Slow Food publie le guide de référence sur les bières artisanales en Italie
, organise des formations continues pour adultes appelées « Master of Food » sur la bière et même, à l’Université des Sciences Gastronomiques – créée par le fondateur de Slow Food – il existe un « Haut Apprentissage pour Maître Brasseur« .

Mes premières bières artisanales étaient donc les bières du Baladin de Teo Musso, chez qui j’ai très vite eu la chance de me laisser emporter dans un premier repas où chaque plat était accompagné par une bière différente. A l’époque en Suisse on ne connaissait (et encore que très peu) Jérome Rebetez de la BFM qui d’ailleurs allait régulièrement au village de Teo Musso (Piozzo, au Piémont) pour être jury d’un premier concours de brasseurs amateurs (chacun dans une grande casserole!). C’est d’ailleurs Teo Musso qui m’a parlé de la BFM pour la première fois. Depuis Baladin a fait un énorme chemin et vous pouvez d’ailleurs goûter ces bières italiennes qui étaient à l’avant-garde de la (re)naissance artisanale en exclusivité au bar « Les Trentenaires » à Fribourg !


J’aime la bière artisanale par goût pour les histoires et les personnalités: chacune des brasseries peut être décrite par des récits d’amitié et de rencontres, d’enthousiasme, de déconvenues d’indépendant ou de succès d’entrepreneurs. On aime rencontrer les auteurs derrière les breuvages, partager une « binche » ou deux, parler de leurs projets et inspirations. Acheter de la bière artisanale permet de soutenir l’économie locale, d’encourager la créativité de proximité mais aussi quelque part sans doute de se sentir d’avantage valorisé comme consommateur. C’est agréable au fond de pouvoir ramener des histoires à partager et des idées à faire passer avec son acte d’achat.

J’aime la bière artisanale pour son potentiel de produit agricole. C’est un défi d’avenir intéressant de redonner sa dimension terrienne à ce produit artisanal devenu au fond très urbain parfois. C’est pourtant une vieille histoire de céréales et d’eau et la « bière agricole » a une jolie opportunité de redonner sa place à l’agriculture et aux agriculteurs suisses par le biais d’un produit authentique sans être poussiéreux ni enfermé dans un terroir parfois trop folklorique.

La bière artisanale n’est pas une boisson d’accompagnement neutre et anodine car elle prend souvent un rôle de premier plan sur une table en faisant parler et débattre. Sur ces bonnes paroles, étanchons notre soif (de connaissance!) et à bientôt j’espère pour un « moment d’amitié »! »

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Dans le cadre de la manifestation « Genève ville et champs », un champ de bière, avec houblonnière et champ d’orge, a été aménagé en collaboration avec trois brasseurs locaux.

A l’agenda : buvette avec dégustation (voir détails sur leur agenda), récolte du houblon le 7 septembre, moisson de l’orge une semaine plus tard, ainsi qu’une dizaine de démonstrations de brassage par les Brasseurs artisans de Genève.

Smartbeer est un service de bières sur abonnement. L’idée est de faire découvrir les brasseries artisanales de Suisse, alémanique et romande en alternance (avec, forcément, du bon et du moins bon suivant les mois) en envoyant chaque mois trois fois deux bières (pour la paix des ménages, je suppose). Le service fête ses deux ans. Et organise, pour marquer le coup, une visite d’une des meilleures brasseries de Suisse, les Trois Dames, à Sainte-Croix. Inscriptions ici.

Mais qu’est-ce qu’elle a fait de moi la bière ?

Bienvenue.

L’idée de ce site, abreuvé par un amateur de bon houblon, c’est de regrouper l’activité des micro-brasseries de Suisse romande : dates de journées portes-ouvertes, nouveautés, etc.
J’essaierai, aussi régulièrement que possible, d’y publier aussi des articles : interviews, sujets en lien avec l’actualité brassicole. Les premiers articles devraient arriver bientôt.

L’idée de ce site, ce n’est pas de déguster et de noter : je me suis rendu compte que j’étais nul à ce jeu-là. D’autres le font très bien.

La bière artisanale est à la mode. De nouvelles brasseries se créent, d’autres disparaissent : n’hésitez pas à m’envoyer un message pour m’informer d’un oubli, d’une nouveauté, etc.

Santé !