Modération à l’anglaise

La modération, c’est cette forme de responsabilité qui vous enjoint à décliner cette cinquième canette de 8.8 avant de prendre le volant pour rentrer ; à l’ère de la consommation, nous sommes constamment cernés par de vastes choix de saveurs et savoir dire « non merci » est une part importante de la vie de trogne.

Cependant, le choix ne nous est pas toujours offert. C’est notamment ce qu’ont appris à la dure les citoyens de Londres le jour où une vague de bière haute de trois mètres les emporta.

Ou est votre flegme maintenant, habitants de Londres ?
Ou est votre flegme maintenant, habitants de Londres ?

La Meux Brewery Co, située dans un quartier pauvre de la capitale, brassait d’importantes quantité de porter dans des cuves qui commençaient à accuser le poids des ans ; durant cette tragique journée du 16 octobre 1814, d’assourdissantes déflagrations se font entendre dans les environs alors que les cerceaux de fer entourant l’une des cuves éclatent les uns après les autres, jusqu’à ce que le contenant cède, libérant son précieux nectar qui y fermentait sans rien demander à personne depuis dix mois.

Un effet domino plus tard, c’est une masse de près d’un million et demi de litres de bière qui passe à travers le mur et s’en va offrir avec insistance la tournée générale aux paisibles agglomérations des alentours. Deux maisons sont littéralement emportées tandis que la vague inonde le quartier, où des familles entières s’entassaient dans de petites pièces ou même des caves. Un pub proche est également dévasté, probablement à l’instant où le tôlier annonçait qu’on ne servait plus.

Alors qu’on serait tenté de croire que ceci est probablement la catastrophe la plus sympa qui puisse nous frapper, il y eut tout de même neuf victimes à déplorer, parmi lesquelles des brasseurs, un enfant de trois ans, la jeune serveuse du pub cité plus haut, ainsi qu’une mère et sa fille qui prenaient le thé dans une pièce des environs.

Mais ce dernier cas était probablement un acte délibéré de la vague.
Mais ce dernier cas était probablement un acte délibéré de la vague.

Aux habitants se précipitant sur les lieux pour porter secours aux blessés s’ajoutèrent ceux qui s’y rendirent avec des récipients pour retirer leur part. Des bagarres éclatent, des blessés sont acheminés à l’hôpital. Leur odeur d’alcool est si forte qu’une fois sur place, d’autres patients croient qu’on y improvise une petite fête à laquelle ils ne sont pas invités et se mettent en rogne. Des échauffourées éclatent, le temps qu’on clarifie la situation.

Le quartier mit plusieurs jours à évacuer l’alcool qui s’était infiltré dans chaque trou et l’odeur de la bière y régna durant des semaines ; de leur côté, les propriétaires de la brasserie furent innocentés par la justice, qui définit l’accident comme étant « un acte de Dieu ».

« C'est un marrant, Dieu. »
« C’est un marrant, Dieu. »

La Meux Brewery fut néanmoins durement frappée par la perte engendrée par la catastrophe, mais toucha une compensation de l’état qui la remit à flot. Comme ça, ça nous fait une happy end.

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