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Des mines et du malt

Chaque mois, le nombre de brasseries en Suisse augmente. Frédéric Guerne, le brasseur de la « Courtysane » à Courtelary, ne colle pas vraiment à l’image que l’on pourrait se faire de ces nouveaux brasseurs.

Déjà parce que, il l’avoue, il n’était pas vraiment un grand amateur de bières quand il a décidé de se lancer. Lui, s’il s’est mis au malt et au houblon c’est parce qu’il n’aime pas l’hiver. Dans un livre sur les savoir-faire d’antan offert par sa femme, il a découvert l’art du brassage. Et pour occuper un peu ses journées pendant un hiver particulièrement mordant, il s’y est mis.

Ensuite parce que, contrairement à bien d’autres nouveaux venus, il ne rêve pas de vivre un jour de sa bière. Il a un métier, peu habituel mais qui le passionne : Frédéric Guerne est le fondateur de l’entreprise Digger DTR, à Tavannes, qui fabrique des engins de déminage. Une profession éprouvante. Brasser lui apporte la nécessaire décompression.

Actuellement, il fait des brassins de 90 litres, toutes les six semaines. De nouvelles cuves devraient lui permettre de doubler cette capacité. Les bières de la Courtyane ne devraient, pourtant, pas se retrouver sur les rayons de votre beer-shop favori. Toute la production est en général écoulée entre deux brassins. Principalement grâce au bouche-à-oreille. Les premiers clients étaient des amis ou des proches, « il commence maintenant à y en avoir que je ne connais pas. »

Frédéric Guerne dit surtout être motivé par la passion pour la mécanique. Ingénieur de formation, il a bricolé lui-même la plupart des appareils nécessaires à la fabrication de ses bières. Des fournisseurs, avec lesquels il travaille pour Digger, le laissent utiliser des chutes de matière première et leurs installations.

Les images viennent du site www.courtysane.ch

Particularité importante de la Courtysane : Frédéric Guerne malte lui-même, à partir d’orge planté exprès pour lui par des paysans de la région. Il fait également pousser du houblon, mais ses récoltes ne lui suffisent pas pour toute sa production.

Toute la famille participe, non seulement pour embouteiller, fabriquer les étiquettes ou concevoir le site internet, mais aussi pour l’élaboration des recettes. « Ma femme et mes enfants ont plus de goût que moi », assure-t-il. La famille est également mise à contribution pour les noms des bières. A chaque fois, il s’agit de localités en rapport avec la recette. Comme la Teresina, du nom d’un ville au Brésil, pays producteur d’oranges, oranges qui parfument cette blonde. « Notre manière à nous de voyager. »

Teresina qui, d’ailleurs, et j’aurais peut-être dû commencer par là, est une bière très réussie.