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A vos agendas

La fin du mois de mai est une période agitée pour l’amateur de brasseries artisanales régionales, avec pas mal d’événements au programme. L’occasion de faire plein de dégustations, de rencontrer des brasseurs.

On commence, pour le week-end de l’Ascension, avec la « fête de la bière et des musiques festives« , à Vevey. Une impressionnante liste de bières en bouteille et à la pression, trois brasseries invitées, La Nébuleuse qu’on ne présente plus et 7Peaks et la brasserie du Gimlé, qu’on présente encore, des concerts, des shows, un brassin public.

On continue, les 29 et 30 mai, avec les portes-ouvertes de la brasserie du Jorat, à Vulliens, une brasserie qui vaut bien mieux que son classement lors du dernier « A bon entendeur ». Et Vulliens est un très joli but de promenade. Et une promenade n’est jamais aussi agréable que s’il y a une bière au bout du chemin.

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On enchaîne, toujours le 30 mai, sur un tout nouveau festival, le FestiPiousse. Huit brasseries invitées, nouvelles venues ou confirmées, un menu spécial bière, des concerts. J’espère vous en dire un peu plus prochainement.

Ensuite, le 7 juin, le Biergarten de Granges-Marnand – le canton de Vaud aime décidément la bière. Avec comme chaque année la brasserie artisanale de Payerne, qui brasse beaucoup de bières différentes dont certaines très originales, la microbrasserie staviacoise du Prévert – dont les bières sont très difficiles à trouver, ce qui est une excellente raison d’aller les goûter à Granges-Marnand, la brasserie du Chauve et la microbrasserie du Poyet. Et en invité cette année, Bières&Co. de Corgémont, dans le Jura bernois, une brasserie assez récente mais plutôt ambitieuse, avec des bières originales (et réussies ? je ne le sais pas encore), trois bières fumées, une stout au raisin, bref, de l’imagination.

Et c’est tout ? Ben non, c’est pas tout. Les éditions Helvetiq et Monica Saxer, auteure du livre « Randos bières » dont je t’ai déjà parlé, organisent une rando bière le 31 mai. A Bâle, ce qui n’est plus en Suisse romande, mais on ne va pas chipoter, ça reste dans la banlieue de Delémont. Objectif, la brasserie Voltabräu, que je ne connais pas du tout.

Et c’est tout ? Toujours pas. La Cascade, la bière d’été du Docteur Gabs’s, sera présentée officiellement en exclusivité mondiale à la brasserie de Montbenon, le 22 mars. Avec des accords bière-charcuterie, ce qui me semble de bien bon augure.

Et c’est tout ? Sûrement pas.

Non, n’aie pas peur, viens voir le docteur

Un peu de copinage pour débuter ce site, mais pas que : la brasserie Docteur Gab’s est arrivée à La Claie-aux-Moines en septembre 2012, elle a déjà dû agrandir ses installations depuis. En 2013, elle brassait 1300 hectolitres, cela devrait monter à près de 2000 en 2014. La brasserie a été fondée en 2001 à Jouxtens-Mézery, elle s’est installée quelques années plus tard à Epalinges, dans une vieille bâtisse transformée en brasserie. Avec son nouveau déménagement, elle est définitivement passée pro. Aujourd’hui, après des années à brasser en guise de hobby, les trois fondateurs vivent aujourd’hui de leur bière.

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J’ai donc été boire une Chameau avec Reto Engler, le responsable de la communication de Docteur Gabs.

La brasserie a débuté par un kit de brassage offert pour les 16 ans de Gabriel par sa sœur. Mais à 16 ans, c’est rare d’aimer la bonne bière…
C’est vrai que nous avons commencé un peu par hasard, à cause de ce kit. C’était amusant de créer un produit, les étiquettes, les bouteilles, développer l’entreprise. En ce qui me concerne, avant 17 ans, je n’aimais pas du tout la bière, même pas celle que nous faisions. C’est venu petit à petit. Notre intérêt pour les bières spéciales s’est vraiment développé sur le tas, en faisant nos expériences, en goûtant à gauche à droite. Gabriel et David étaient un peu plus connaisseurs et se disaient « il n’y a pas ce que nous cherchons sur le marché, donc nous allons le faire nous mêmes ». En 2001, il y avait beaucoup moins de brasseries qu’aujourd’hui, ça veut dire que c’était aussi plus difficile de trouver de la littérature et des matières premières.

Aujourd’hui, la Gab’s se trouve dans pas mal de bars, de magasins, dans tout le canton de Vaud, ainsi que dans les restaurants Holy Cow à Genève et Zurich, comment faites-vous pour démarcher ?
Contrairement à des plus grandes brasseries comme BFM ou Trois-Dames, qui passent par des distributeurs, nous faisons tout nous même. C’est plus compliqué, mais ça permet de mieux contrôler la chaîne. Ça nous permet d’avoir un discours vraiment authentique. Quant à Holy Cow, qui sera d’ailleurs présent pour notre prochaine journée portes ouvertes le 17 mai,être présent chez eux nous a permis de pas mal augmenter nos volumes. Ils ont ouvert leur premier restaurant avec alcool, place Bel-Air, pile au moment où nous étions en pleine phase de développement, ça tombait bien.

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Aujourd’hui, de plus en plus de bars proposent quelques bières artisanales, pas simplement de la mauvaise pression.
Cela reflète selon moi une évolution assez générale. Les gens veulent des bons produits, si possible locaux, et de la diversité. Personne ou presque ne commande pas un verre de vin sans se demander de quel cépage il s’agit, la même culture commence à exister dans la bière.

Par rapport à d’autres brasseries, Docteur Gabs est un peu « sage ». Vous proposez tout de même cinq bières de base et quatre saisonnières, mais on reste dans des choses assez classiques. Un choix définitif ?
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Il y a, premièrement, une raison historique. Nous avions envie de développer des bières qui nous plaisaient et nous avions plutôt envie d’expérimenter des choses assez classiques. D’autre part, les quelques essais un peu plus fantaisistes, genre bière courge-mangue (je ne sais pas pourquoi nous avons eu cette idée, je crois que c’était à cause d’une action au magasin…) ou bière à l’aspérule odorante, ne se sont pas révélés très réussis. Ça ne nous a pas vraiment motivés à persévérer. Et puis nous avons travaillés certains produits pour qu’ils soient aboutis. Aujourd’hui, nous essayons de rester cohérents, pour des raisons logistiques et pour que le client s’y retrouve. Quand nous brassions vraiment « maison », nous avions une dizaine de bières, un peu tout et n’importe quoi. Quand nous avons déménagé à Epalinges en 2004, nous avons commencé à vendre à quelques bars, plus seulement à notre entourage. Cela nous contraignait à assurer une certaine constance et une certaine production. Nous nous sommes donc concentrés sur les trois bières que nous maîtrisions le mieux, Houleuse, Tempête et Ténébreuse, plus les bières de saison pour se faire plaisir. Nous avons ajouté la Chameau un peu plus tard, et la Pépite à notre arrivée à la Claie-aux-Moines.

Une de vos particularités est d’être très présents sur les réseaux sociaux, notamment Twitter. C’est un gadget ou c’est important ?
Pour nous, être une brasserie régionale, ça veut dire avoir un contact avec les gens. En étant une toute petite brasserie, le contact était très direct. Aujourd’hui, les gens peuvent toujours venir à la brasserie ou au marché le samedi matin mais forcément, ce contact devient de moins en moins direct. La communication est donc pour nous un moyen de garder ce contact. Les réseaux sociaux ne sont pas juste une vitrine, nous aimons avoir unaccueil échange, répondre aux gens. Pour ça, Twitter marche mieux que Facebook, peut-être parce que ça attire des gens un peu plus geeks, un peu plus curieux. Et les journées portes ouvertes nous permettent aussi ce contact. Nous n’en faisions qu’une fois par année autrefois, nous sommes passés à quatre, cela permet aux gens qui s’intéressent à la brasserie de venir nous voir, se rencontrer. C’est pour ça que nous essayons d’en faire un évènement festif, avec de la musique, quelque chose à manger.