Archives du mot-clé nebuleuse

Jeux de moûts

Samedi dernier, à l’invitation de Christian de bierversuche.ch, une bonne vingtaine de brasseurs de sont retrouvés à Renens, dans les locaux de La Nébuleuse (une véritable rencontre IRL, donc). L’événement s’intitulait « Wortspiele », un jeu de mots intraduisible qui signifie « Jeu de mots ». Le principe, c’est le même que celui des rencontres des homebrewers dont je vous avais parlé jadis : à partir d’un même moût, tout le monde brasse sa propre bière. La base choisie cette fois est une porter. Le 11 février, tout le monde reviendra pour se faire goûter le résultat, lors d’un événement public.

img_20161126_132102

C’était la troisième édition de Wortspiele, la première en Suisse romande après Rapperswil et Berne. Ca a parlé allemand, français, un peu italien et beaucoup anglais. Il y avait des petites brasseries, des plus grandes, réunies dans un esprit très convivial. Et on peut vraiment dire que les participants venaient de toute la Suisse, de Genève à la Thurgovie en passant par le Tessin. C’était d’ailleurs une belle occasion de rencontrer quelques brasseurs alémaniques, dont on ne trouve pas toujours facilement les bières par ici.

img_20161126_120341

 

Et si tu me permets un petit commentaire personnel, c’était très agréable de voir autant de brasseurs réunis autour d’un même amour des bons produits bien réalisés, sans le moindre esprit de concurrence.

img_20161126_121440

Bref, notez le 11 février dans vos agendas.

La bière se met à table

Lausanne à table a dévoilé ce jeudi matin sa programmation 2016.   Cette manifestation est née suite au succès de Lausanne ville du goût et en est à sa cinquième édition. Son idée est de mettre en avant les produits régionaux. Elle n’est pas organisée par la ville de Lausanne, mais par un comité indépendant et beaucoup, beaucoup de bénévoles.

Il y aura, forcément, quelques événements en lien avec la bière cette année.

Tous les premiers samedis du mois, à midi, des dégustations « Burgers&Beers« , mitonnées par le ZooBurger et la brasserie La Nébuleuse. 4 mini-burgers associés à 4 bières pour découvrir les accords mets bières. Ca se passe à Renens, dans les locaux de La Nébuleuse.

Les 3 et 4 juin, la Lausanne Beer Celebration, organisée par l’association Echec et Malt et le PiBar. Avec dix brasseurs suisses et quatre étrangers, tous sélectionnés pour l’originalité de leurs produits.

Et enfin… je n’ai pas encore le droit de le dire. Mais dans le cadre d’un des événements en train de devenir incontournables de Lausanne à table, plusieurs brasseurs (eux aussi en train de devenir incontournables) lausannois et vaudois participeront, sous une forme que je me réjouis vraiment de vous annoncer.

 

Promenade de santé

Parmi les très nombreuses manifestations liées à la bière au programme ces prochaines semaines, il en est une qui détonne un peu : la balade de la bière de Vollèges. Déjà, parce qu’il s’agit de la sixième édition et ensuite, parce que c’est, comme vous vous en dbalade_2015 outiez probablement, une balade.

Sur 7-8 kilomètres, quatre stands proposeront aux participants de savourer un repas, accompagné de bières artisanales. Sur le parcours, des surprises comme un jacuzzi dans les champs ou une guggenmusik.

Au menu cette année, velouté à l’oignon, feuilleté aux champignons des bois, civet de sanglier, fromages régionaux et verrine Belle-Hélène pour le dessert, côté nourriture. Côté boisson, les (incontournables) lausannois de La Nébuleuse et trois brasseries valaisannes, 7Peaks de Morgins, de la Mule d’Isérables, ainsi que des organisateurs, la brasserie de Vollèges.

D’ailleurs, cette dernière est née pour l’événement : quand ils ont décidé de lancer la première « balade de la bière », pour animer le village, les huit organisateurs se sont dits qu’il fallait aussi qu’ils  brassent leur propre bière. Depuis, ils ont racheté une ancienne laiterie où ils proposent des dégustations deux fois par mois.

L’an dernier, la balade avait attiré plus de 400 personnes. Les organisateurs espèrent bien faire encore mieux cette année. N’oubliez pas de vous inscrire ! Et après la balade, il sera tout à fait possible de rester faire la fête au village et de redéguster les créations des quatre brasseries. Les brasseurs seront sur place pour parler de leurs produits.

11898517_975946785789583_3213774036811329648_n

Et pour plus d’infos : la page Facebook de la brasserie de Vollèges.

le grand roque

Si c’était un festival de musique, on dirait : « Mazette, quelle programmation ! ». Mais là, bon, c’est un festival de bières. N’empêche, mazette, quelle programmation.

Rabei Allouche, le patron du Pi-Bar à Lausanne, qu’en beer geek, tu connais forcément, lance ce samedi, dès 12 heures, son premier Beer Festival, avec la collaboration de son associé de la brasserie Echec et Malt. Dont la page Facebook est ici.

Cinq brasseries suisses, une française et une belge seront de la partie, avec un chouette mélange de brasseries établies et de nouvelles venues. « Rien que de la bonne qualité », promet Rabei. Du côté des nouveaux venus, la Brasserie du Temps, de Treytorrens, dans la Broye vaudoise et Brewhouse, un futur brewpub quelque part sur les rives du Léman. Et la Nébuleuse, si on peut encore les classer dans les nouveaux venus. En plus de la brasserie Echec et Malt, à ne pas confondre avec l’entreprise d’importation de bières Echec et Malt. Dans les deux cas, leur boss est un célèbre patron de bar et organisateur de festival. Et les Belges de Brouwerij de Dochter van de Korenaar, dont ce sera une première suisse.

Assortiment-bieren-358166_960x332

 

 

A la base, ça aurait dû être une soirée Meet the Brewer avec la brasserie du Mont-Salève. En quelques semaines, ça s’est transformé en festival. Et finalement… 33 bières pression, plus 13 en bouteilles, seront à déguster au parc de la Liberté (entre l’avenue de la Pontaise et l’avenue Druey) à Lausanne. Pas mal de nouveautés au programme, notamment sur les stands de la brasserie du Mont-Salève et des 3 Dames, très en verve en ce moment. Et Echec et Malt proposera une collaboration avec les Jardins d’Ouchy, une IPA à la fraise. Les beer geeks profiteront de la possibilité de commander des verres de 1 dl pour tout goûter, les autres se contenteront des 25 dl de circonstance. Et ceux qui préfèrent les verres en verre aux gobelets en plastique tenteront d’arriver tôt, mais il y a aussi moyen de réserver sur Facebook.

Fraises_DOF

 

 

 

 

Je savais pas quoi mettre comme illustration alors j’ai mis une photo de fraises (source : Wikimedia Commons)

Le festival se veut aussi une fête de quartier, avec des stands de nourriture, des animations pour enfants. Rabei attend entre 300 et 400 personnes. Son festival pourrait avoir lieu chaque année, si cette première est réussie. Et il mijote toujours un plus grand évènement, sur trois jours, avec une vingtaine de brasseries invitées et des autres animations en rapport avec le monde merveilleux du malt et du houblon… On en reparle, donc.

11143514_109662142702448_8462719016941655985_o

A vos agendas

La fin du mois de mai est une période agitée pour l’amateur de brasseries artisanales régionales, avec pas mal d’événements au programme. L’occasion de faire plein de dégustations, de rencontrer des brasseurs.

On commence, pour le week-end de l’Ascension, avec la « fête de la bière et des musiques festives« , à Vevey. Une impressionnante liste de bières en bouteille et à la pression, trois brasseries invitées, La Nébuleuse qu’on ne présente plus et 7Peaks et la brasserie du Gimlé, qu’on présente encore, des concerts, des shows, un brassin public.

On continue, les 29 et 30 mai, avec les portes-ouvertes de la brasserie du Jorat, à Vulliens, une brasserie qui vaut bien mieux que son classement lors du dernier « A bon entendeur ». Et Vulliens est un très joli but de promenade. Et une promenade n’est jamais aussi agréable que s’il y a une bière au bout du chemin.

10401815_1389058944666465_1246954519_n

 

 

 

 

 

 

On enchaîne, toujours le 30 mai, sur un tout nouveau festival, le FestiPiousse. Huit brasseries invitées, nouvelles venues ou confirmées, un menu spécial bière, des concerts. J’espère vous en dire un peu plus prochainement.

Ensuite, le 7 juin, le Biergarten de Granges-Marnand – le canton de Vaud aime décidément la bière. Avec comme chaque année la brasserie artisanale de Payerne, qui brasse beaucoup de bières différentes dont certaines très originales, la microbrasserie staviacoise du Prévert – dont les bières sont très difficiles à trouver, ce qui est une excellente raison d’aller les goûter à Granges-Marnand, la brasserie du Chauve et la microbrasserie du Poyet. Et en invité cette année, Bières&Co. de Corgémont, dans le Jura bernois, une brasserie assez récente mais plutôt ambitieuse, avec des bières originales (et réussies ? je ne le sais pas encore), trois bières fumées, une stout au raisin, bref, de l’imagination.

Et c’est tout ? Ben non, c’est pas tout. Les éditions Helvetiq et Monica Saxer, auteure du livre « Randos bières » dont je t’ai déjà parlé, organisent une rando bière le 31 mai. A Bâle, ce qui n’est plus en Suisse romande, mais on ne va pas chipoter, ça reste dans la banlieue de Delémont. Objectif, la brasserie Voltabräu, que je ne connais pas du tout.

Et c’est tout ? Toujours pas. La Cascade, la bière d’été du Docteur Gabs’s, sera présentée officiellement en exclusivité mondiale à la brasserie de Montbenon, le 22 mars. Avec des accords bière-charcuterie, ce qui me semble de bien bon augure.

Et c’est tout ? Sûrement pas.

La Nébuleuse aux idées claires

A la base, je voulais faire un article sur des brasseries qui se lancent. Une n’a jamais répondu à mes e-mails, une autre m’a répondu « on n’est pas très internet ». Et une troisième a immédiatement été enthousiaste (même si se donner rendez-vous a pris un peu de temps). Anecdotique ? Pas tant que ça, en fait. C’est un des signes de la détermination des jeunes brasseurs de la « Nébuleuse » à Lausanne.

logoLe rendez-vous n’a pas été fixé dans leurs locaux du Flon, ni à Villars-Ste-Croix, où ils brassent leurs bières dans les installations de « La Buse » en attendant peut-être de prendre leurs propres quartiers, mais dans un des bars lausannois qui sert ces bières pleines de caractère. En quelques mois, la Nébuleuse a déjà réussi à s’implanter dans de nombreux bars et commerces spécialisés, elle brasse même une bière exprès pour « La Grenette », le bar temporaire qui s’est installé à La Riponne jusqu’en octobre. Bref, tout se passe très vite pour cette Nébuleuse. Deux des brasseurs travaillent déjà à 100%, le troisième devrait les rejoindre à la fin de son service civil.

10505032_1403552403202969_1146069649841733741_o
J’ai bu une Namur Express avec Jérémy, le spécialiste en communication de La Nébuleuse.

Vos bières sont déjà très abouties alors que la brasserie est très jeunes, comment est-ce possible ?
Nous brassons depuis quatre ans dans notre cuisine, pour faire plaisir à nos amis. Nous sommes trois amis d’enfance. Nous avons toujours été passionnés par les bonnes bières et nous avons trouvé amusant de faire les nôtres. Nous avons appris sur le tas, même si Kouros a son certificat de brasseur. Nous avons lu des bouquins, nous avons regardé ce qui marchait aux Etats-Unis. Nous sommes trois universitaires, titulaires d’un master et peut-être que nos études nous ont fait suivre des chemins différents : nous avons une approche assez théorique, nous lisons beaucoup et nous avons une idée assez précise de ce que nous voulons faire. Par exemple, nous n’avons pas fait d’essais avant de brasser la Namur express, elle a directement ressemblé à ce que nous imaginions. Cela nous a certainement fait gagner du temps.
10464078_1393571657534377_7983705968148962385_n

Je suis dans la communication depuis cinq ans, dans le sport, c’est quelque chose que j’ai pu reprendre pour la brasserie. J’ai aussi beaucoup bossé dans des bars, dans des festivals, je connaissais déjà pas des gens à qui j’ai pu faire goûter nos bières.

Parmi ce qui vous démarque, par exemple, le fait d’associer chacune de vos bières, sur les étiquettes, avec un plat qui se marie bien avec.
Tout à fait. Mais la première chose qui nous démarque, je pense, c’est que nous mettons la qualité du produit au-dessus de tout. Il nous est déjà arrivé de balancer 200 litres de «Stirling» parce que la qualité n’était pas bonne. Nous ne sommes pas du genre à nous dire «les gens ne verront pas la différence». En terme de revenu, en terme de respect de soi-même, ça fait mal. L’autre chose que nous adorons, effectivement, c’est le food pairing, l’accord mets-bière. La bière, c’est bien de la boire tout seul, mais quand on l’associe avec le bon plat, un nouveau monde s’ouvre. En Suisse et surtout dans le canton de Vaud, c’est difficile, surtout chez les gens d’une cinquantaine d’années. La culture du vin est très forte.  Les jeunes sont plus ouverts d’esprit et tout à fait d’accord de tester.IMG_4874

Quant à nos étiquettes, nous avons choisi de les faire simples, mais très complètes : on peut y lire quels malts et quels houblons nous utilisons, par exemple.

Vous avez quatre bières dans votre assortiment, plus la «Grenette», allez-vous en produire plus ?

Notre objectif, d’ici la fin de l’année prochaine, ce serait d’avoir huit bières, quatre annuelles et quatre de saison. Toutes les recettes sont déjà prêtes. Nous devrions commencer la première bière de saison à la fin de l’année, pour Noël. Nous l’avions déjà faite l’an dernier, une Nut Brown Ale au sirop d’érable. Elle avait bien marché auprès de nos amis. D’ici deux à trois ans, nous aimerions avoir un endroit de production pur, pour les bières qui tournent, et un autre de type laboratoire pour créer des petits brassins de 100 litres. Nous en avons déjà un au Flon mais nous voulons le perfectionner. Cela nous permettrait de nous exprimer complètement, de fa10325701_1391759144382295_8198826937790539717_nire des choses complètement folles en petites quantités. Ce serait des séries limitées. Et si les consommateurs aiment vraiment, pourquoi pas l’ajouter à notre gamme. Ça crée aussi un engouement. Les gens qui aiment la bière artisanale aiment les nouveautés. Nous avons vraiment commencé comme ça. Notre première bière était une saison belge à la myrtille, nous avons balancé des myrtilles dans le fermenteur sans savoir ce qui allait se passer… La bière était violette! Mais pour une première bière elle était bonne.  Nous aimons expérimenter. Toutes nos bières sont des hybrides. Aucune n’est vraiment typée. La Namur est à cheval entre une triple et une saison. La Stirling est une California common, mais nous la houblonnons à froid, ce qui ne se fait pas normalement. La Malt Capone est une robust porter où nous rajoutons du bourbon et de la vanille. L’Embuscade est une IPA avec du blé pour redonner de la rondeur. Il y a toujours une petite touche personnelle. Nous ne voulons pas faire des copies de ce qui existe déjà.

Pas mal de brasseries se positionnent en jouant la carte régionale, vous visez plutôt un public de connaisseurs ?
L’aspect régional, artisanal, va plaire à certains clients. L’aspect technique du produit va plutôt parler aux revendeurs et aux beer geeks, à qui on ne peut pas juste vendre le fait que nous sommes régionaux. Il faut vraiment leur présenter un produit qui sorte de l’ordinaire. Nous aimerions toucher les deux. Lausanne, pour ça, est un super marché. Les gens sont ouverts.

Est-ce qu’il y a de la concurrence entre brasseurs ou est-ce que l’entente est bonne ?
Des précurseurs comme BFM ou Docteur Gab’s, qui ont osé se lancer à une époque où on disait « la bière, c’est pas ça, la bière, c’est de la Feldschlösschen » ont eu du courage de faire ça, et nous avons du respect. Nous avons envie de développer la culture régionale et locale, tous ensemble contre les gros producteurs. C’est ce que nous avons envie de mettre en place. Pour l’instant, nous avons l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de relations officielles entre brasseurs. Nous achetons parfois du houblon chez BFM, nous lavons nos fûts chez Boxer ou allons nous approvisionner en gaz chez Docteur Gabs, ça arrive souvent. Nous avons aussi acheté malt et houblon avec la brasserie du Salève.

Vous utilisez d’ailleurs les locaux de la brasserie Buse, à Villars-Ste-Croix.
10173572_1389906347900908_713991881495646285_n
Oui. Alex a été super sympa de nous accueillir, nous n’aurions pas eu les moyens d’acquérir de telles installations. Cela nous a permis une continuité dans nos brassins. Avant, nous faisions nos bières de façon artisanale, en contrôlant la température au thermomètre, ça ne va pas. En plus, il nous a donné plein de bons conseils. Mais nous arrivons au maximum de capacité. Nous avons commencé en février, nous faisions des brassins de 700 litres. Nous en sommes à 7000 litres par mois. Si nous voulons continuer dans cette dynamique, nous devrons trouver une solution. Nous recherchons des fonds pour développer la brasserie.

D’autres projets ?
On pourrait par exemple imaginer un labo où les gens pourraient venir brasser, sous notre supervision pour que le résultat soit buvable. Et nous aimons bien tout ce qui est communautaire. C’est un peu la définition de la nébuleuse: la bière est au centre et tout le reste gravite autour. Des gens qui viennent nous chercher pour une bière spéciale comme « la Grenette », des amis artistes qui viennent faire un concert à la brasserie, d’autres qui sont intéressés par le caractère technique du brassage. Nous avons aussi envie de faire des bières collaboratives avec d’autres. Bad Attitude l’a fait avec Nøgne ø, BFM avec pas mal de brasseurs, mais entre Suisses, je n’ai pas l’impression que ça se soit fait. Nous aimerions développer ça. Chacun amène quelque chose et ça permet de se rencontrer. Et nous avons un projet avec l’EPFL pour des levures spéciales.C’est à l’état embryonnaire pour le moment, mais nous avons rencontré des gens dont les levures, pas forcément de bières, sont la spécialités et qui sont intéressés. Ils sont en train d’y travailler, alors que tout est parti autour d’une discussion autour d’un verre de bière. Idéalement, nous aimerions pouvoir contrôler toute la chaîne de production, faire notre propre malt, notre propre houblon.

 

La Nebuleuse_poster Biere3